Installer PROXMOX VE OFFICIEL sur RASPBERRY PI !
Cette vidéo montre comment installer Proxmox VE sur un Raspberry Pi 4 en partant de Raspberry Pi OS Lite, en contournant l’absence de support officiel via l’ajout manuel du dépôt Proxmox et la configuration réseau adaptée.

SYNTHÈSE STRUCTURÉE
Pourquoi c’est possible malgré l’absence de support officiel
Adrien explique que Proxmox VE est officiellement disponible pour ARM64, mais que les Raspberry Pi ne sont pas listés comme supportés. Cependant, comme le Raspberry Pi OS est basé sur Debian, et que Proxmox s’installe classiquement par-dessus Debian, il est tout à fait envisageable de le faire fonctionner. Il précise : « C’est juste que ici quand on va sur la page de téléchargement ben en fait on a une image ISO ARM64. Donc cette image ISO ARM64, ben vous pouvez pas démarrer dessus sur un Raspberry Pi. » L’astuce consiste donc à partir d’une base Debian minimale et à ajouter le dépôt Proxmox.
Choix de l’OS de base : Raspberry Pi OS Lite
L’intervenant insiste sur le fait de ne pas prendre la version desktop de Raspberry Pi OS, mais bien la version Lite, sans environnement de bureau. Il justifie ce choix par la légèreté du système : « Surtout on ne prend pas Raspberry Pi OS. Non non parce que là c’est le desktop. Donc nous on va l’installer en mode minimal. » Cela permet de réduire la consommation de ressources et d’éviter des paquets inutiles qui pourraient interférer avec l’installation de Proxmox.
Stockage : privilégier un disque USB plutôt qu’une carte SD
Adrien recommande d’utiliser un disque USB plutôt qu’une carte SD, surtout si l’on prévoit d’héberger des conteneurs directement sur le stockage. Il explique : « Je vous conseille un disque USB plutôt que une carte SD, surtout si vous installez des conteneurs directement sur la carte SD, ce sera pas forcément très performant. » Les cartes SD ont des débits limités et une usure plus rapide en écriture intensive, ce qui peut devenir un goulot d’étranglement pour des machines virtuelles ou des conteneurs.
Désactivation de Cloud Init
Un point crucial pour éviter des surprises après redémarrage : Cloud Init, présent par défaut sur Raspberry Pi OS, peut reconfigurer le système à chaque boot. Adrien propose deux méthodes : soit créer un fichier vide pour le désactiver proprement, soit le purger complètement. Il recommande la purge : « Si vous voulez vraiment virer Cloud Init, et bien on va pouvoir le faire avec un petit apt purge cloud-init. Voilà, comme ça on est sûr qu’il ne viendra pas modifier de la configuration dans notre dos. » Cette étape évite que des paramètres réseau ou utilisateur soient écrasés après un redémarrage.
Configuration du fichier /etc/hosts
Proxmox exige que le nom de la machine soit associé à son adresse IP dans le fichier /etc/hosts. Adrien explique : « Proxmox, il a besoin de son adresse IP dans le fichier hosts. Donc on va mettre ici notre adresse IP là 136 suivi du nom Pimox. » Sans cette entrée, le service peut rencontrer des problèmes de résolution de nom, ce qui peut entraîner des erreurs de communication entre les composants.
Ajout du dépôt Proxmox
L’installation passe par l’ajout du dépôt officiel Proxmox VE no-subscription. Adrien montre comment créer le fichier source avec une substitution dynamique pour récupérer le nom de code de la distribution Debian (Trixie dans ce cas). Il précise : « À la place de suite au lieu d’avoir ça lsb_release -sc comme ça le tuto il sera disponible pour les futures versions de Proxmox, ça récupère le nom de code de Debian. » La clé GPG est également récupérée et intégrée pour valider l’authenticité des paquets.
Remplacement de NetworkManager par ifupdown
Le Raspberry Pi OS utilise NetworkManager par défaut, mais Proxmox s’appuie sur la configuration réseau classique de Debian (/etc/network/interfaces). Adrien désactive donc NetworkManager et installe le paquet ifupdown2 : « On va le virer avec un petit systemctl disable --now NetworkManager. Par contre, tant qu’on redémarre pas la machine, on a notre adresse IP qui est là. » Cette transition permet de passer à une gestion réseau plus compatible avec l’écosystème Proxmox.
Configuration réseau statique avec adresse MAC fixe
Dans le fichier /etc/network/interfaces, Adrien configure une IP statique et ajoute une directive hwaddress pour fixer l’adresse MAC de la carte Ethernet. Il explique pourquoi : « Avec Raspberry Pi, parfois quand on redémarre ou autre, l’adresse MAC peut changer. Donc, on va fixer ici. » Cette précaution évite des problèmes de résolution ou de routage après un redémarrage, notamment si le routeur associe l’IP à une MAC spécifique.
Installation des composants Proxmox
Une fois le système préparé, Adrien installe les paquets nécessaires : proxmox-ve, qemu-server et pve-cluster. Il détaille : « On va installer proxmox-ve le virtual environment, qemu-server si vous avez envie de faire des machines virtuelles et pve-cluster pour installer toute la partie de gestion de cluster. » L’installation télécharge environ 700 Mo et occupe 3 Go sur le disque, ce qui est conséquent mais acceptable sur un Raspberry Pi 4.
Création d’un bridge réseau (VMBR0)
Pour une intégration propre avec Proxmox, Adrien recommande de créer un pont réseau sur l’interface Ethernet. Il modifie le fichier /etc/network/interfaces pour passer eth0 en mode manuel et créer vmbr0 avec la configuration IP statique. Il ajoute les options classiques de Proxmox : bridge_stp off et bridge_fd 0. Cette configuration permet aux machines virtuelles et conteneurs de communiquer sur le réseau local via le bridge.
Validation avec un conteneur Alpine Linux
Pour démontrer le bon fonctionnement, Adrien télécharge un template Alpine Linux ARM64 et crée un conteneur. Il montre que la consommation de ressources est minime : « Vous voyez que je passe de 1 Go 21 à 1 Go 27. Donc ça consomme vraiment pas beaucoup un conteneur. » Il teste ensuite des commandes apk update et apk add fastfetch pour prouver que le conteneur est pleinement opérationnel.
CONCEPTS CLÉS
- Cloud Init : outil de provisioning automatique utilisé par défaut sur Raspberry Pi OS, qui peut réinitialiser des paramètres système à chaque démarrage.
- Bridge réseau : pont virtuel qui relie les interfaces réseau des machines virtuelles et conteneurs à l’interface physique de l’hôte.
- Dépôt no-subscription : dépôt officiel Proxmox sans abonnement, donnant accès aux paquets stables sans licence payante.
- ifupdown2 : gestionnaire réseau historique de Debian, plus simple et plus compatible avec Proxmox que NetworkManager.
CONCLUSION
Le message principal est que Proxmox VE peut tout à fait fonctionner sur un Raspberry Pi, malgré l’absence de support officiel, à condition de suivre une procédure rigoureuse : partir d’une base Debian minimale, désactiver Cloud Init, configurer un réseau statique fiable et installer les paquets Proxmox. Cette approche permet de recycler un Raspberry Pi 4 en petit serveur de virtualisation léger, idéal pour tester des conteneurs ou des machines virtuelles sans investir dans du matériel plus puissant. Comme le résume Adrien : « Si vous aviez un vieux Raspberry Pi qui est compatible ARM64 qui traîne dans vos placards, vous pouvez le ressortir du placard. Ça fonctionne relativement très très bien. »