OMARCHY ARCH LINUX + HYPRLAND qui fait parler d'elle !
Cette vidéo présente Homarchie, une distribution Linux basée sur Arch Linux avec le gestionnaire de fenêtres Hyprland (Wayland), entièrement préconfigurée et soutenue par une fondation financée par des personnalités de l’industrie tech.

SYNTHÈSE STRUCTURÉE
Présentation de Homarchie et de sa fondation
Homarchie est une distribution Linux fondée par David Einemer Hanson, qui se distingue par une approche « clé en main » d’un environnement pourtant réputé pour sa complexité : Arch Linux couplé à Hyprland. L’intervenant souligne l’originalité du concept : « on a un gestionnaire de fenêtres qui nous est tout préconfiguré avec une base Arch Linux ». La distribution bénéficie d’un financement important via la OMAcom Foundation, avec des contributeurs notables comme le PDG de Shopify, de Dell Technologies et de Cloudflare, ce qui interpelle l’auteur : « c’est quand même des noms que vous connaissez ».
Installation et premier démarrage
L’installation se fait via un live ISO de 6,2 Go, ce qui est comparable à une Ubuntu avec GNOME et Snap. Le processus est simple et guidé, avec choix de la langue, du fuseau horaire et du chiffrement du disque. L’installation complète a pris environ 2 minutes et 7 secondes sur un NVMe Samsung. Au premier démarrage, l’auteur note l’absence d’écran de connexion : « on arrive direct sur le bureau », ce qui confirme le caractère mono-utilisateur de la distribution.
Interface et gestion des fenêtres en mode tuile
L’interface se compose d’une barre supérieure avec un menu plein écran, cinq bureaux virtuels, et des indicateurs système (Bluetooth, Wi-Fi, son). Le gestionnaire de fenêtres Hyprland fonctionne en mode tuile : chaque application ouverte se place automatiquement en mosaïque. L’auteur découvre qu’il est possible de déplacer les fenêtres à la souris : « on déplace, on glisse des places. OK, ça marche directement avec la souris ». Les raccourcis clavier sont essentiels, comme Super + Espace pour ouvrir le menu, Super + Shift + Entrée pour le navigateur, et Super + Shift + F pour le gestionnaire de fichiers.
Applications préinstallées et web apps
La distribution inclut des applications classiques comme Discord, Docker, LibreOffice, OBS Studio, et LocalSend. Une particularité notable est la présence de nombreuses « web apps » qui ne sont en réalité que des raccourcis vers des services en ligne : Google Maps, WhatsApp, YouTube, Zoom, etc. L’auteur démontre que Google Maps s’ouvre simplement dans le navigateur Chromium : « c’est ni plus ni moins que Google Maps dans le navigateur, mais sous forme de web app ». Un agent IA est également configurable (Gemini, Copilot, Codex, Claude), ainsi qu’un outil de reconnaissance vocale nommé Vox.
Gestion des mises à jour et snapshots BTRFS
Le système utilise BTRFS comme système de fichiers, et l’outil de mise à jour intégré crée automatiquement un snapshot avant toute opération. L’auteur observe : « il crée un snapshot. Donc on a probablement du BTRFS derrière ». Les mises à jour incluent la mise à jour des clés de signature Arch, puis du système lui-même. L’installation occupe 13 Go sur le disque, ce que l’auteur juge « énorme » pour une distribution basée sur Arch avec un gestionnaire de fenêtres.
Dépôts et infrastructure propriétaire
Un point critique soulevé par l’auteur concerne les dépôts logiciels. Bien que la distribution utilise pacman, les dépôts ne sont pas ceux d’Arch Linux officiels : « on n’est pas sur les serveurs de Arch Linux ». Le fichier mirrorlist pointe vers un serveur propre à Homarchie, qui a probablement aspiré l’intégralité des dépôts Arch. De plus, l’AUR (Arch User Repository) n’est pas installé par défaut, ce qui signifie que les paquets supplémentaires sont fournis via le dépôt Homarchie, sous le contrôle de la distribution. L’auteur met en garde : « on est sous le contrôle d’Homarchie ».
Outil d’administration homarchie
La distribution fournit un utilitaire en ligne de commande nommé homarchie (ou oma), qui permet d’administrer le système. Les commandes principales incluent :
homarchie updatepour mettre à jour les paquetshomarchie theme listpour lister les thèmes disponibleshomarchie theme set <nom>pour changer de thème (exemple : passer de Tokyo Night à un thème plus vert)
L’outil permet également de configurer les agents IA, l’audio, la batterie, le chiffrement, et bien d’autres paramètres. L’auteur note que ces fonctionnalités sont fournies « clé en main », ce qui est à la fois pratique et éloigné de la philosophie minimaliste d’Arch.
Verdict de l’auteur
L’auteur exprime un avis mitigé : « je trouve pas que c’est forcément révolutionnaire cette distribution Linux ». Il souligne que si l’on choisit un gestionnaire de fenêtres, c’est souvent pour le minimalisme et la configuration personnelle, ce qui va à l’encontre de l’approche préconfigurée de Homarchie. Il s’interroge sur l’utilisation des fonds récoltés et la direction que prendra la distribution, mais reconnaît le mérite d’avoir testé et présenté cette solution.
CONCEPTS CLÉS
- Hyprland : gestionnaire de fenêtres en mode tuile fonctionnant sur Wayland, connu pour son animation et sa configuration poussée.
- Wayland : protocole de communication entre le serveur d’affichage et les applications, successeur moderne de X11.
- BTRFS : système de fichiers avec support des snapshots, utilisé ici pour créer des points de restauration avant les mises à jour.
- AUR (Arch User Repository) : dépôt communautaire d’Arch Linux permettant d’installer des paquets non officiels ; absent de Homarchie par défaut.
- Web app : application qui s’exécute dans un navigateur mais se présente comme une application native (via un raccourci ou une fenêtre dédiée).
CONCLUSION
Homarchie est une distribution Linux techniquement solide, qui réussit le pari de rendre accessible un environnement Hyprland préconfiguré sur une base Arch Linux. Cependant, son approche « tout inclus » (web apps, IA, dépôts propriétaires) s’éloigne de la philosophie minimaliste et transparente d’Arch, et la centralisation des dépôts sous contrôle de la fondation soulève des questions sur la souveraineté du système. Pour un administrateur, cette distribution peut être intéressante pour découvrir Hyprland sans configuration initiale, mais elle ne remplace pas une installation manuelle pour ceux qui recherchent le contrôle total. L’auteur résume bien le paradoxe : « si on veut installer un gestionnaire de fenêtres, c’est souvent qu’on veut du minimaliste, on le configurera nous-même ».