The Lunduke Linux Distro - No Age Verification, No AI, No Weird Politics
Bryan Lunduke présente la première version alpha (0.1) de sa distribution Linux personnelle, le Lunduke Computer Operating System (LCOS), construite autour d’un ensemble de principes stricts (pas de systemd, pas d’IA, pas de vérification d’âge/identité, pas de Rust forcé) et d...

SYNTHÈSE STRUCTURÉE
Principes fondateurs : des « non » catégoriques
La distribution repose sur des règles immuables, énoncées comme des « hard requirement, not a suggestion ». Lunduke liste cinq interdictions fondamentales :
- Pas de vérification d’âge ou d’identité : « no age or ID verification in any way ».
- Pas de comptes en ligne obligatoires : « I want my computer to function at 100% offline or online ».
- Pas d’IA intégrée : « no AI features in the operating system », mais l’utilisateur reste libre d’installer des applications IA.
- Pas de politique « bizarre » : « no weird politics and political activism has ruined so many projects ».
- Pas de systemd : jugé « very bloated » et contraire à la philosophie Unix, avec des inquiétudes sur sa dérive vers la vérification d’identité.
Pas de Rust forcé
Lunduke précise une position nuancée : il ne s’agit pas d’interdire tout code Rust (le noyau Linux en contient), mais de refuser les « forced Rust clones of previously well functioning software ». Il cite les GNU coreutils comme exemple de projet menacé par cette tendance. Cette règle est conçue pour préserver la stabilité et l’esprit Unix.
Une base technique : Devuan et X Libre
LCOS est construit sur Devuan, un fork de Debian sans systemd, choisi pour son « init freedom ». Lunduke explique que cela permet d’utiliser différents scripts d’initialisation. L’affichage repose sur X Libre (fork de X.Org) plutôt que Wayland, car « X Libre really is the future of X Windows of X11 on Unixish platforms ». L’architecture est AMD64 uniquement pour l’instant.
Logiciels par défaut : légèreté et absence de services en ligne
La sélection d’applications reflète la philosophie Unix : des outils légers, sans dépendance aux services cloud.
- Navigateur : Brave Origin (version allégée de Brave, sans VPN ni services en ligne). Lunduke souligne que c’est « a quality commercial-grade, high-end privacy respecting web browser for free ».
- Suite bureautique : AbiWord au lieu de LibreOffice, jugé trop lourd.
- Lecteur multimédia : VLC.
- Terminal : Cool Retro Term, avec un profil LCOS préconfiguré pour un rendu CRT (courbure, scanlines). Lunduke justifie ce choix par la recherche de « some life, some vibrance, some warmth, some whimsy and fun ».
- Environnement de bureau : XFCE, avec le thème Clearlooks pour un aspect « 1990s vibe ».
Gouvernance : une monarchie assumée
Lunduke insiste sur le modèle de gouvernance : « The Lunduke computer operating system is a monarchy. LCOS is not a community project. The king, that’s this guy, has total control both technologically and organizationally. » Cette décision vise à empêcher les « political activists from seizing control as has happened with so many other open-source projects ». Il n’y a pas de conseil communautaire ni de vote.
Code d’éthique vs code de conduite
LCOS dispose d’un code d’éthique (pas un code de conduite). Il inclut :
- « Be excellent to each other » (référence à Bill & Ted).
- « No cursing and swearing » – « If a cowboy wouldn’t say it in the church, don’t say it ».
- « Meritocracy rules » – Lunduke rejette explicitement « DEI nonsense, no woke nonsense ».
- Les Dix Commandements (Exode 20:2-14) sont recommandés par la direction, sans être imposés aux utilisateurs.
Accès restreint au forum : une barrière anti-trolls
Le forum de support (forum.lunduke.com) est réservé aux abonnés payants du Lunduke Journal. Lunduke justifie cette barrière par la nécessité de « keep the trolls out », en particulier les « extreme leftist political activist trolls » qui, selon lui, inondent les projets non-alignés idéologiquement. Il précise que cela n’empêche personne d’utiliser la distribution, mais filtre les interactions communautaires.
Position politique et juridique assumée
Lunduke affiche clairement que LCOS est « proudly made in the USA » et prend une position ferme contre les lois de vérification d’âge. Il annonce que cette opposition pourrait le confronter à des législations étatiques ou fédérales dans les 6 à 18 mois à venir, et que c’est intentionnel : « a stance needs to be taken in this regard ».
Statut alpha et feuille de route
La version 0.1 est qualifiée d’alpha, avec un installateur « a little rough around the edges ». Lunduke ne s’engage pas sur un calendrier fixe : « This is not like Ubuntu where we have to release a new version every 6 months. » Les mises à jour arriveront « when they need to come ». Le projet dispose de son propre dépôt de paquets pour garantir le contrôle sur les versions (notamment pour éviter les Rust clones).
CONCEPTS CLÉS
- Devuan : Fork de Debian sans systemd, utilisant des scripts d’initialisation alternatifs (OpenRC, sysvinit). Base de LCOS.
- X Libre : Fork de X.Org, maintenu indépendamment, considéré par Lunduke comme l’avenir de X11 sur les plateformes Unix.
- Brave Origin : Version allégée du navigateur Brave, sans services VPN ni comptes en ligne, distribuée gratuitement sur Linux.
- Clearlooks : Thème GTK2 des années 2000, utilisé par défaut pour l’aspect visuel rétro.
- Monarchie open source : Modèle de gouvernance où un seul individu (le « roi ») détient l’autorité décisionnelle totale, sans conseil ni vote communautaire.
CONCLUSION
Le Lunduke Computer Operating System est une distribution résolument politique et idéologique, construite autour de principes stricts (pas de systemd, pas d’IA, pas de vérification d’identité, pas de Rust forcé) et d’une gouvernance monarchique pour éviter toute dérive communautaire. Son intérêt principal réside dans sa cohérence : chaque choix technique (Devuan, X Libre, Brave Origin, AbiWord) découle directement de ces principes. Pour un administrateur système, LCOS illustre comment une distribution peut être conçue comme un manifeste technique et politique, au risque de sacrifier la large compatibilité et le support communautaire au profit d’une vision personnelle inflexible.