MAGEIA 10 EST LA !! 🇫🇷🇫🇷 TOUR DES NOUVEAUTÉS

Mageia 10, distribution Linux française stable et prudente, arrive près de trois ans après la version 9 avec des logiciels mis à jour, un passage à DNF 5 et un accent sur la sécurité, tout en conservant son ADN de « Debian des RPM ».

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SYNTHÈSE STRUCTURÉE

Une distribution française à but non lucratif

Mageia est née en 2010 d’un fork de Mandriva, portée par une association loi 1901 basée à Paris. « C’est une association à but non lucratif », rappelle Adrien, ce qui garantit une indépendance vis-à-vis des intérêts commerciaux. Cette origine française se ressent dans la qualité de la traduction des notes de version, réalisée par la communauté.

Architecture 32 bits : fin de l’ère I586

Mageia 10 abandonne l’architecture I586 au profit d’I686, ce qui signifie que les processeurs 32 bits doivent désormais supporter l’extension SSE2. « Si votre processeur 32 bits, bah il a plus de 20 ans, ça va être compliqué », prévient Adrien. Les machines plus anciennes (type IPC) restent compatibles, mais les très vieux CPU sont exclus.

Live USB : taille dépassant le DVD standard

Les images live de KDE Plasma et GNOME pèsent désormais plus de 4,7 Go (environ 5 Go), ce qui impose un support USB d’au moins 8 Go. « DVD standard, c’est 4 Go7, maintenant ça fait 5 Go donc USB 8 Go minimum obligatoire », insiste l’intervenant. Les versions live XFCE restent disponibles en 32 bits.

Choix X11 ou Wayland au démarrage

Depuis le live, l’utilisateur peut choisir entre X11 et Wayland pour les environnements Plasma et GNOME. « Vous avez la possibilité d’utiliser X11 et pas Wayland qui est maintenant par défaut », explique Adrien. Cette flexibilité permet de contourner d’éventuels problèmes de compatibilité, notamment avec les pilotes Nvidia non libres, également sélectionnables au boot.

Fuseau horaire et sécurité des paquets

Une nouveauté notable : le live demande désormais le fuseau horaire dès le démarrage. « Il y a des nouveaux mécanismes de sécurité qui sont là dans Mageia 10 et qui peuvent éventuellement bloquer si des paquets semblent venir du futur », précise Adrien. Cette précaution évite les conflits de date lors de l’installation de paquets.

Installation express et configuration de GRUB

L’installation est très rapide (environ une minute dans une machine virtuelle). L’outil graphique permet de configurer GRUB, y compris de choisir une autre distribution comme système de démarrage par défaut. Les médias en ligne sont ajoutés automatiquement, et les mises à jour peuvent être effectuées avant même le premier redémarrage.

KDE Plasma 6.5 : un choix de stabilité assumé

Mageia 10 embarque KDE Plasma 6.5.5, une version qui n’est pas la toute dernière (la 6.7 existait déjà au moment de la sortie). « On devrait rester sur cette version 6.5 tout au long du cycle de vie de Mageia 10 », annonce Adrien. Ce choix délibéré privilégie la stabilité sur la fraîcheur, un parti pris assumé pour une distribution « prudente ».

Noyau LTS et Firefox ESR

Le noyau utilisé est le dernier LTS en date (un 6.18). Firefox est fourni dans sa version ESR (support étendu), ce qui garantit des correctifs de sécurité sans les sauts de versions majeurs. « Mageia reste encore très très prudente au niveau des logiciels », résume Adrien, qui compare cette approche à celle de Debian.

DNF 5 : une résolution des dépendances plus rapide

Mageia 10 inaugure le passage à DNF 5, ce qui accélère la résolution des dépendances. L’outil graphique dnf dragora est disponible, mais l’historique rpmdrake (basé sur URPMI) reste présent et fonctionnel. « On a les deux systèmes de gestion de paquet », note Adrien, qui espère qu’un jour Mageia tranchera.

Centre de contrôle : son et instantanés améliorés

Le Centre de contrôle de Mageia (CCM) permet de basculer graphiquement entre PulseAudio et PipeWire pour le serveur son. Les instantanés système, qui « faisaient toujours planter » par le passé, fonctionnent désormais correctement. Le pare-feu a également été mis à jour avec une nouvelle interface de configuration avancée.

Applications en vedette et codecs en un clic

L’écran de bienvenue propose des « applis en vedette » : installation en un clic des codecs audio et vidéo (X264, X265), de Steam, de VLC, de Kdenlive, etc. « En un clic, on a quand même quelques applis qu’on va pouvoir installer », souligne Adrien. Les dépôts tainted (codecs) et non-free (pilotes propriétaires) sont facilement activables depuis cette interface.

Consommation mémoire et environnements disponibles

Sous KDE Plasma, la consommation mémoire est d’environ 2 Go après lancement de quelques applications. Les autres environnements de bureau disponibles incluent GNOME 49, XFCE 4.21 (version de développement), MATE 1.28.2 et Cinnamon 6.6. Les versions des logiciels KDE (comme Kdenlive 25.12) accusent un léger retard par rapport aux dernières versions.

CONCEPTS CLÉS

  • I686 : Architecture 32 bits nécessitant le support SSE2, remplaçant l’ancienne I586.
  • DNF 5 : Gestionnaire de paquets moderne (fork de YUM) utilisé par Fedora, version 5 dans Mageia 10.
  • URPMI : Gestionnaire de paquets historique de Mandriva/Mageia, toujours disponible via rpmdrake.
  • ESR : Extended Support Release, version de Firefox avec des mises à jour de sécurité uniquement, sans nouvelles fonctionnalités.
  • LTS : Long Term Support, noyau Linux supporté sur le long terme (ici 6.18).
  • Tainted : Dépôt Mageia contenant des logiciels potentiellement problématiques pour certains pays (codecs, brevets).

CONCLUSION

Mageia 10 reste fidèle à sa philosophie : une distribution stable, sécurisée et prudente, qui privilégie la fiabilité sur la course aux dernières versions. « Mageia si vous voulez c’est un petit peu, je veux dire ça la Debian des RPM quoi », résume parfaitement Adrien. Avec son noyau LTS, Firefox ESR et ses environnements de bureau volontairement en retard d’une ou deux versions, elle s’adresse aux administrateurs et utilisateurs qui préfèrent un système qui « marche » sans surprises, tout en offrant une flexibilité appréciable (choix X11/Wayland, double gestionnaire de paquets, activation facile des codecs). Le principal point d’attention reste la taille des images live, qui impose désormais un support USB de 8 Go minimum.

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