Linux Kernel is Now Vibe Coded
L’intervenant estime que d’ici la fin de l’été 2025, plus de 50 % des correctifs soumis au noyau Linux seront générés par des IA (Claude, Codex, etc.), ce qui marque un basculement historique vers un développement « vibe codé » du noyau.

SYNTHÈSE STRUCTURÉE
L’essor des correctifs assistés par IA dans le noyau Linux
L’intervenant affirme que l’adoption des systèmes d’IA dans le développement du noyau Linux croît si rapidement que, selon ses projections, « sometime later this year, I’m kind of I’m kind of estimating around uh July, August, probably more more like August, sometime in there, the Linux kernel will mostly developed by AI ». Il précise qu’il ne s’agit pas d’exagération ou de « clickbait », mais d’une tendance observable dans les données.
Comment vérifier les chiffres sur la liste de diffusion
Pour observer ce phénomène, l’intervenant recommande d’utiliser lore.kernel.org, l’archive officielle de la liste de diffusion du noyau Linux. Il explique qu’il suffit d’y rechercher le tag assisted-by (ou assisted by) dans les messages de commit. Il précise : « you can go through the mailing list and search for assisted by, assisted by, and get a rough list ». Il note toutefois qu’il faut filtrer manuellement pour ne conserver que les correctifs eux-mêmes, et non les discussions à leur sujet.
La règle officielle : un tag obligatoire pour les correctifs IA
La politique actuelle du noyau Linux exige que tout correctif ayant bénéficié d’une assistance IA inclue un tag spécifique dans le message de commit. L’intervenant cite le format : « assisted by Claude, assisted by Codeex, assisted by Grock, what whatever you’re assisted by ». Ce tag permet de tracer l’origine des contributions et constitue la base de l’analyse quantitative qu’il présente.
Des proportions déjà très élevées
En prenant un échantillon récent (mai 2025), l’intervenant indique que sur les 200 premiers résultats d’une recherche assisted by, « 80 90% of which are just individual patches », soit environ 60 à 180 correctifs sur les deux derniers jours. Il ajoute que la proportion dépasse déjà les 10 % du total des correctifs entrants, et que la croissance est exponentielle.
Projection : un basculement majoritaire d’ici août 2025
Si le rythme actuel se maintient, l’intervenant prévoit que « sometime in August, we’ll be about at the point where over 50% of the patches coming into the Linux kernel were created by Claude or Codeex or something ». Il qualifie cette trajectoire de « wibbly wobbly » (variable), mais la tendance lui semble irréversible.
Les IA les plus utilisées : Claude et Codex
Parmi les systèmes d’IA observés, l’intervenant note que « Cloud and codec seem to be really the most common ones that you see uh with the uh with Linux kernel development ». Il mentionne également Grok, mais les deux premiers dominent très largement les correctifs tagués.
Des bugs et correctifs également générés par IA
L’intervenant rapporte avoir observé une augmentation des rapports de bogues et des correctifs de sécurité produits par IA, y compris des vulnérabilités de type « zeroday vulnerability » et « local code executions ». Il précise : « a lot of those were found either entirely with AI or just with some AI assistance ». Cela soulève des questions sur la qualité et la sécurité du code ainsi produit.
Les réserves personnelles de l’intervenant
L’intervenant exprime un malaise profond : « Dear Lord, we’re all going to die » était sa première réaction. Il reconnaît ne pas avoir de contrôle sur cette évolution et s’interroge : « Are we opening ourselves up to additional security vulnerabilities? Are we dooming our developers to being far less skilled? » Il admet que ses tests personnels avec des IA sur du code rétro (Lotus 123, AppleSoft Basic) ont donné des résultats « surprisingly well », ce qui l’a « both delighted and horrified ».
Le rôle des grandes organisations dans cette adoption
L’intervenant souligne que cette transition est activement encouragée par les acteurs majeurs : « Red Hat is literally paying their employees more if they use AI in their Linux development. They’re getting punished if they don’t use AI ». Il ajoute que la Linux Foundation a noué des partenariats avec des entreprises d’IA (Anthropic, etc.) et que « the Linux Foundation controls Linux ». Selon lui, cette pression institutionnelle rend le phénomène inéluctable.
Un flux continu et accéléré de correctifs
En parcourant la liste de diffusion en direct, l’intervenant constate que les correctifs arrivent « every couple of minutes ». Il donne un exemple concret : « All of the patches currently on the screen, 104 through 112 listed here, all came in at the exact same time yesterday ». Ce rythme soutenu illustre l’automatisation croissante du processus de soumission.
CONCEPTS CLÉS
- Vibe coding : Terme utilisé par l’intervenant pour désigner le développement logiciel assisté ou généré par intelligence artificielle, par opposition au codage humain traditionnel.
- Assisted-by tag : Marqueur obligatoire dans les messages de commit du noyau Linux, permettant d’identifier les correctifs ayant bénéficié d’une assistance IA (ex.
Assisted-by: Claude). - Lore.kernel.org : Archive publique de la liste de diffusion du noyau Linux, utilisée pour rechercher et analyser les correctifs soumis.
- Zero-day vulnerability : Vulnérabilité de sécurité non encore connue des développeurs ou non corrigée, pouvant être exploitée avant qu’un correctif ne soit disponible.
CONCLUSION
Le message principal de cette analyse est que le développement du noyau Linux est en train de basculer massivement vers une production assistée par IA, au point que plus de la moitié des correctifs pourraient être générés par des systèmes comme Claude ou Codex d’ici la fin de l’été 2025. Ce phénomène, observable publiquement via lore.kernel.org, est encouragé par les décisions de la Linux Foundation et de Red Hat, ce qui le rend difficile à contrer. L’intervenant exprime des inquiétudes légitimes sur la sécurité, la qualité du code et la perte de compétences humaines, mais reconnaît que la tendance est déjà en marche. Pour un administrateur système, cette évolution signifie qu’il faut s’attendre à un afflux de correctifs dont l’origine et la fiabilité pourraient être moins prévisibles, et qu’il devient crucial de savoir auditer et tracer ces contributions via les tags officiels.