Mageia 10 ! La revue test !

Mageia 10 est une distribution Linux française stable et fiable, ancrée dans une continuité de 25 ans avec Mandrake/Mandriva, mais qui souffre d'un manque d'accessibilité et de fraîcheur logicielle comparée à ses concurrentes.

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SYNTHÈSE STRUCTURÉE

Une continuité historique assumée

L’intervenant, Vince FF, explique que Mageia est l’héritière directe de Mandrake puis Mandriva, une famille de distributions qui l’accompagne depuis 25 ans. Il souligne que l’installation et l’interface n’ont quasiment pas changé entre les versions 7, 8, 9 et 10 : « on est vraiment sur une continuité pure et dure ». Les évolutions majeures sont sous le capot, pas dans l’interface utilisateur.

Une stabilité maladive, parfois au détriment de la compatibilité

La distribution privilégie une stabilité extrême, avec des cycles de développement longs — 3 ans entre Mageia 9 et Mageia 10. L’intervenant prévient : « si vous aviez monté un nouveau PC sur la fin des trois dernières années, potentiellement votre PC n’était tout simplement pas compatible avec Mageia ». Le noyau d’installation avait 2 ans, ce qui pouvait causer des écrans noirs ou des problèmes de Wi-Fi sur du matériel récent.

Le choix du noyau LTS et de Wayland

Mageia 10 embarque le noyau LTS 6.18, un choix jugé pertinent par Vince FF car il date de cette année et assure une meilleure compatibilité matérielle. La distribution passe également à Wayland, abandonnant X11 : « que vous soyez joueur ou pas, le fait d’arriver sur du Wayland, si vous avez du multimonitor, si vous faites du jeu, si vous avez du HDR, c’est vraiment une petite révolution côté affichage, côté écran et côté sécurité aussi ».

KDE Plasma 6.5, un environnement mature

Mageia 10 est livrée avec KDE Plasma 6.5, une version jugée fonctionnelle et mature. L’intervenant note que les versions 6.6 et 6.7 ont apporté des améliorations intéressantes qui manquent, mais que ce n’est pas bloquant. Il apprécie l’intégration soignée de KDE, avec un thème sobre où le logo Mageia est simplement ajouté au Breeze standard.

Des dépôts logiciels à l’ancienne

La gestion des dépôts reste un point faible selon Vince FF. Il faut activer manuellement les dépôts core, non-free (propriétaires et pilotes Nvidia) et tainted (codecs). Il déplore : « pour les personnes qui ont pas l’habitude, c’est rude ». Il recommande d’activer également les dépôts 32 bits pour Steam, Lutris et Wine.

Une logithèque limitée

La sélection de logiciels est restreinte : pas de Vivaldi, pas de Google Chrome, pas de Heroic Games Launcher, pas de Proton GE. L’intervenant note que « on est sur une base de logiciels qui sont assez limitée ». Il faut donc souvent installer des paquets RPM téléchargés manuellement ou passer par Flatpak.

L’installation manuelle de RPM fonctionne

Vince FF teste l’installation de Vivaldi via un RPM téléchargé depuis le site officiel. Malgré un avertissement sur la signature invalide, l’installation graphique fonctionne parfaitement. Il valide : « Vivaldi démarre. OK. On va juste aller sur Google vérifier qu’on a internet ». C’est une solution viable pour les logiciels absents de la logithèque.

Flatpak préinstallé mais non configuré

L’intervenant découvre que Flatpak est installé par défaut mais sans le dépôt Flathub configuré. Il s’agace : « Flatpak est préinstallé mais ils ont pas configuré Flat Hub. Pourquoi faire ça ? Finissez le boulot les gars ». Il faut donc ajouter Flathub manuellement, ce qui nécessite des commandes en ligne de commande.

Le gaming fonctionne bien grâce à Lutris

Mageia 10 intègre Lutris en version 5.22, qui fonctionne « à merveille » selon Vince FF. Il a pu installer Battle.net et Epic Games Store sans problème. Les performances sont au niveau des autres distributions : « côté benchmark, ils sont totalement au niveau. On est au niveau de ce que fait KDE, Ubuntu, GLFOS, Baz ».

Les codecs : une procédure aberrante

L’intervenant pousse un coup de gueule sur l’installation des codecs. Il faut activer les dépôts tainted, mettre à jour le système, puis installer séparément les paquets audio codec et video codec, et enfin configurer VLC avec l’option tainted. Il dénonce : « c’est vraiment des clics pour faire des clics qui ne servent à rien ». Il estime que l’activation du dépôt devrait automatiquement configurer les codecs.

Le centre de contrôle Mageia : des outils inégaux

Le centre de contrôle regroupe tous les outils de configuration. Certains sont obsolètes, comme la configuration des effets de bureau 3D qui date de l’époque de Compiz : « ça a 20 ans, ça a plus rien à faire là ». D’autres sont très bien faits, notamment la configuration du pare-feu, la modification du GRUB à la volée et la gestion des partitions.

Le son par défaut en PulseAudio

Mageia 10 est configurée par défaut avec PulseAudio en mode « glitch free », un choix jugé dépassé par Vince FF. Pour le streaming, il faudra passer à PipeWire avec WirePlumber : « si vous faites du streaming, il faudra vous mettre en pipewire avec Wire Plumber, sinon vous n’aurez pas le retour de votre écran ».

Les pilotes graphiques : Nvidia en retard

Mesa est en version 26.0.8, ce qui est correct et permet notamment le FSR4. Pour Nvidia, la version courante est la 580.159, jugée insuffisante pour les jeux récents. Une version 595 est disponible dans les dépôts, qui permet de jouer à des titres comme FF7 Rebirth. L’intervenant espère une bascule vers la branche 610, mais il prévient : « ça peut être début 2027 quoi ».

CONCEPTS CLÉS

  • Dépôts core, non-free, tainted : Les trois types de dépôts Mageia. core contient les logiciels open source, non-free les pilotes propriétaires (Nvidia) et tainted les codecs et logiciels avec des brevets.
  • Noyau LTS : Long Term Support, un noyau maintenu pendant plusieurs années avec des correctifs de sécurité, privilégiant la stabilité sur la fraîcheur.
  • Wayland : Protocole d’affichage moderne remplaçant X11, offrant une meilleure gestion du multi-écrans, du HDR et de la sécurité.
  • URPM et DNF : Les gestionnaires de paquets de Mageia. urpmi est l’outil historique, dnf a été implémenté mais reste peu utilisé.
  • Flatpak : Système d’empaquetage universel permettant d’installer des applications dans des conteneurs, indépendamment de la distribution.

CONCLUSION

Mageia 10 est une distribution fiable et stable qui honore son héritage, mais elle paie cette stabilité par un manque de fraîcheur logicielle et une accessibilité en déclin face à des concurrentes comme Ubuntu ou Fedora. Vince FF résume bien le compromis : « si vous êtes un amoureux de la fraîcheur des paquets, Mageia n’est clairement pas fait pour vous ». Pour les utilisateurs qui privilégient la tranquillité et la prévisibilité, c’est en revanche une excellente option. L’intervenant appelle néanmoins à un effort sur l’accessibilité pour Mageia 11, notamment sur la gestion des dépôts et des codecs, afin de rester fidèle à la vocation grand public de Mandriva.

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