DATACENTER À RENNES EN SURCHAUFFE Résilience des infras !

Adrien alerte sur les risques croissants de défaillance des data centers face aux canicules, en prenant l’exemple d’un incident à Rennes où Cogent a demandé à ses clients d’éteindre eux-mêmes leurs machines, et insiste sur la nécessité de préparer un plan de résilience au-delà...

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SYNTHÈSE STRUCTURÉE

Un data center à Rennes paralysé par la chaleur

Adrien relate un incident survenu le mardi 23 juin 2026 : le data center Cogent de Rennes a atteint 43°C à l’intérieur, la climatisation étant incapable de suivre face à un record de température extérieure de 42,3°C. Le prestataire a envoyé un mail à ses clients leur demandant de venir éteindre leurs machines eux-mêmes, car il ne pouvait rien faire pendant plusieurs jours. « Ce n’est pas une anecdote, c’est un signal d’alarme », insiste-t-il.

Les hypothèses climatiques dépassées par le réchauffement

Adrien explique que les data centers sont conçus sur des hypothèses climatiques historiques, par exemple « il fait pas chaud, il y a du vent, on est tranquille » pour la Bretagne. Or, les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus longues et plus intenses. Ce qui était exceptionnel devient normal, et les systèmes de refroidissement dimensionnés pour l’ancien climat ne suffisent plus.

Les limites des contrats d’hébergement

Il souligne que les contrats avec les prestataires comportent des clauses d’exclusion pour les « motifs impérieux » ou « exceptionnels ». Quand la climatisation tombe en panne à cause d’une canicule record, le prestataire peut légalement se dédouaner. « Dans le meilleur des cas, le prestataire va se démener pour trouver une solution, et dans le pire, il va dire : débrouillez-vous. »

La résilience ne se limite pas à la cybersécurité

Adrien rappelle que la résilience d’une entreprise doit inclure les risques physiques et climatiques, pas seulement les cyberattaques. Il cite l’exemple d’OVH qui a perdu son data center Strasbourg 2 : OVH a survécu grâce à sa résilience interne, mais les clients qui n’avaient pas de plan B ont tout perdu.

Trois questions clés pour se préparer

Il propose une démarche simple mais essentielle :

  1. Identifier les applications critiques : « Quels applis sont critiques pour l’activité ? Si elle tombe, qu’est-ce qui s’arrête ? Combien de temps on peut tenir ? »
  2. Tester un plan de secours : « Un plan que personne n’a testé, c’est une illusion. » Il recommande de tester la restauration d’une machine critique sur un autre site au moins une fois par an.
  3. Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier : « Si vos sauvegardes sont dans le même bâtiment que vos serveurs et que ce bâtiment a un problème, vous avez un problème. »

L’exemple personnel d’Adrien

Il partage sa propre pratique : « Pour linuxrix.fr, il y a une sauvegarde qui est rapatriée tous les jours à la maison, et donc il y a la possibilité de faire repartir assez rapidement linuxrix.fr depuis une machine à la maison. » Cela illustre concrètement la règle de la séparation géographique des données.

CONCEPTS CLÉS

  • Résilience : Capacité d’une entreprise à encaisser un coup dur (panne, sinistre, canicule) et à repartir. Elle ne se limite pas à la cybersécurité.
  • Plan de secours (Plan B) : Procédure documentée et testée pour basculer vers une infrastructure de remplacement en cas d’indisponibilité du site principal.
  • Séparation géographique : Principe consistant à stocker les sauvegardes ou les répliques sur un site différent, soumis à des conditions climatiques et physiques distinctes, pour éviter une perte totale en cas de sinistre localisé.

CONCLUSION

Le message principal d’Adrien est que la résilience d’une infrastructure ne doit pas se limiter aux menaces cyber : les événements climatiques extrêmes, comme les canicules, deviennent des risques réels et croissants pour les data centers. Il appelle chaque administrateur et chaque entreprise à se poser la question : « Si demain mon hébergement ne fonctionne plus pour raison X ou Y, est-ce que je sais quoi faire ? » La préparation, la documentation et le test régulier d’un plan B sont les seuls moyens de ne pas subir passivement ces incidents.

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