Ubuntu Sponsors Rust Clone Foundation

Cette vidéo critique sévèrement la décision de Canonical de sponsoriser la Trifecta Tech Foundation pour remplacer des logiciels système éprouvés (comme sudo, ntpd, les GNU coreutils) par des clones en Rust, qualifiant cette démarche de décision politique et non technique, mot...

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SYNTHÈSE STRUCTURÉE

Le sponsoring de la Trifecta Tech Foundation par Canonical

Canonical est devenu le premier sponsor gold de la Trifecta Tech Foundation, avec une contribution d’environ 40 000 euros par an. L’objectif de cette fondation est de remplacer des logiciels existants par des clones écrits en Rust. L’intervenant souligne avec ironie : « Ubuntu just said, “Hold my beer.” », pour illustrer l’enthousiasme jugé excessif de Canonical pour Rust.

Les clones Rust déjà déployés posent problème

L’orateur affirme que les remplacements en Rust déjà expédiés par Ubuntu (notamment pour les GNU coreutils) ont causé des régressions : « They have been taking away features from users adding in new compatibility and security issues by the truckloads. » Il mentionne des dizaines de failles de sécurité sans apport correctif notable, ce qui remet en cause la prétendue amélioration de la sécurité.

Une décision non technique, mais politique ou religieuse

Le point central de la critique est que ces choix ne relèvent pas de l’ingénierie : « No engineer would make these decisions from an engineering point of view. It’s utterly preposterous. » L’intervenant insiste sur le fait que remplacer des logiciels matures, testés depuis des décennies, par des clones récents écrits dans un langage dont l’ABI n’est pas stable relève d’une « religious decision » ou d’une « political decision ».

Trois couches d’instabilité cumulées

L’orateur détaille le problème : « They’re shipping this stuff before it has any chance of being ready, before the product itself is ready, before the compiler it’s based on is ready, and before the language that the compiler uses is ready. That’s three layers of shifting sand. » Il pointe du doigt l’immaturité du langage Rust (ABI instable), du compilateur et des clones eux-mêmes.

Le cas concret de NTPD-RS

Canonical prévoit d’introduire NTPD-RS comme client/serveur de synchronisation temporelle par défaut. Le calendrier annoncé : tests dans Ubuntu 26.10, passage par défaut dans Ubuntu 27.04. L’intervenant cite le blog de Canonical : « The next phase in the collaboration with this Trifecta Tech Foundation will focus on the adoption of NTPDRS as a default time synchronization client and server in Ubuntu. »

L’argument « memory safety » jugé fallacieux

L’orateur critique l’argument marketing de la sécurité mémoire : « If they keep saying that, are people going to think, “Oh my gosh, there’s so much tape. Everything’s on tape. All software is super unsafe.” » Il rappelle que les logiciels remplacés (comme sudo) sont testés depuis des décennies sur des millions de systèmes critiques, et que les clones Rust introduisent plus de bugs qu’ils n’en résolvent.

Un constat d’échec sur tous les plans

L’intervenant dresse un bilan accablant des clones Rust déployés : « It’s less secure, it’s less stable, has less features, it’s more incompatible. » Il ajoute que ces problèmes ne sont que ceux déjà connus, sous-entendant que d’autres émergeront.

Le parallèle avec le « culte Rust »

L’orateur compare l’enthousiasme pour Rust à une religion : « Rust is a cult. It is a religion. » Il observe que les développeurs mentionnent souvent le langage avant même de décrire ce que fait le logiciel : « “A Rust-based solution for…” and then they’ll tell you what it does because in their mind, the important thing is not what the software does. »

Une absence de motivation client ou business

L’intervenant exclut toute motivation rationnelle : « It’s not an engineering decision. It’s not a customer-facing motivation. It’s not a business decision motivation in terms of making your customer happy. » Il suggère que Canonical agit pour des raisons idéologiques, au détriment de la qualité logicielle.

Un appel à la vigilance et à la critique

L’orateur conclut en invitant les auditeurs à rester sceptiques : « Ask why and be skeptical about it because it’s not an engineering decision. » Il encourage à ne pas accepter ces changements sans les questionner, surtout quand ils impactent des composants système critiques.

CONCEPTS CLÉS

  • Trifecta Tech Foundation : Organisation sponsorisée par Canonical, Amazon et Google, visant à remplacer des logiciels système existants par des clones en Rust.
  • Pseudo-RS / NTPD-RS / ZLib-RS : Clones en Rust de sudo, ntpd et zlib, développés dans le cadre de cette fondation.
  • ABI instable : L’interface binaire d’application de Rust n’est pas encore figée, ce qui signifie que des changements de langage ou de compilateur peuvent casser les binaires compilés.
  • Memory safety : Propriété d’un langage garantissant l’absence d’erreurs de mémoire (comme les buffer overflows). Rust met en avant cette caractéristique, mais l’intervenant conteste qu’elle compense l’immaturité des implémentations.

CONCLUSION

Le message principal est que Canonical prend des décisions d’infrastructure basées sur des considérations idéologiques (promotion de Rust) plutôt que sur des critères d’ingénierie éprouvés. Remplacer des logiciels matures, testés depuis des décennies et déployés sur des millions de systèmes critiques, par des clones immatures écrits dans un langage dont l’ABI n’est pas stable, expose les utilisateurs à des régressions de sécurité, de stabilité et de fonctionnalités. L’intervenant appelle à une vigilance accrue et à un questionnement systématique de ces choix, car ils ne servent ni les utilisateurs ni la fiabilité des systèmes.

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