Operating System Age Verification Bill Signed Into Law in Illinois
Cette vidéo de Lunduke dénonce une nouvelle loi de l’Illinois (HB 5511) qui impose à tous les systèmes d’exploitation, y compris Linux et les projets open source, de collecter des données d’âge et d’identité pour chaque utilisateur, avec des amendes potentiellement ruineuses, ...

SYNTHÈSE STRUCTURÉE
La loi HB 5511 de l’Illinois : une extension inquiétante
Le 31 juillet, le gouverneur de l’Illinois a signé la loi HB 5511, présentée comme une « Children’s Social Media Safety Act ». Mais son champ d’application dépasse largement les réseaux sociaux : elle vise tous les systèmes d’exploitation ayant une connectivité internet, y compris les comptes locaux hors ligne. Lunduke précise : « This includes all users offline and online. Yes, offline accounts are part of this as long as the operating system itself has internet connectivity features at all. » Concrètement, Windows, macOS, Linux, FreeBSD, et même FreeDOS (qui possède une pile TCP/IP) sont concernés.
Un calendrier serré pour les développeurs
Les développeurs ont jusqu’au 1er janvier 2028 pour implémenter la collecte d’âge et la vérification. Mais d’autres États imposent des échéances plus proches : la Californie dès janvier 2027, le Colorado à l’été 2027. Lunduke souligne l’effet domino : « As long as one state, any state has these laws in effect, they are effectively in effect for everybody. » Autrement dit, un développeur de distribution Linux basé n’importe où peut être poursuivi par ces États.
Des amendes disproportionnées pour les petits projets
La loi prévoit une pénalité de 50 000 dollars par violation. Pour un petit projet open source avec 1 000 utilisateurs, cela représente des millions de dollars. Lunduke illustre : « Even if you have, let’s say, a thousand users, only a thousand people download your Linux distribution, a small Linux distro, right? Well, that’s a thousand times a thousand. You go ahead and do the math on that one. » Les développeurs individuels et les associations sont explicitement visés, sans exemption pour les projets non commerciaux.
L’exemption open source du Colorado : un piège juridique
Le Colorado a tenté d’exempter les logiciels open source, mais la formulation est contre-productive. Selon Lunduke, « the way it is worded from a legal standpoint means all open-source software is legally required to do the age attestation data collection ». Il estime que cette erreur est volontaire : « It would be impossible to be quite that dumb to do it not on purpose. » Cette clause a d’ailleurs conduit System76, un fabricant de matériel Linux, à soutenir la loi après avoir obtenu cette « exemption » qui oblige en réalité les projets open source à se conformer.
Une loi fédérale en préparation : le Digital Age Assurance Act
Le sénateur Adam Schiff a introduit le S. 5090, le « Digital Age Assurance Act of 2026 », qui exigerait des fournisseurs d’OS qu’ils fournissent un signal d’âge aux applications et navigateurs. Lunduke cite le texte : « To require operating system providers to require users to indicate their age and developers of applications covered internet website operators and browser providers to request a signal from the operating system. » Cela implique une API système obligatoire pour transmettre des données d’âge.
Le vrai objectif : la collecte de données au niveau OS
Lunduke affirme que ces lois ne protègent pas les enfants mais créent un « trésor de données identifiables » sur tous les utilisateurs, y compris ceux qui n’utilisent jamais les réseaux sociaux. Il déclare : « Not only do these laws not protect kids, they harm kids. They make the world less safe and they specifically hurt the privacy of every user. » Il pointe le lobbying de Facebook et d’autres sites qui veulent transférer la charge de la vérification d’âge vers les OS.
La position de Lunduke : refus et combat juridique
Lunduke annonce qu’il n’implémentera aucune forme de vérification d’âge dans sa distribution Linux, Londu. Il déclare : « I will tell them to come at me, bro. Because I will say that those laws are unconstitutional. » Il invoque les premier et quatrième amendements et affirme avoir des avocats prêts à l’assister pro bono. Il encourage d’autres projets à suivre cette voie.
Les projets qui résistent et ceux qui cèdent
Lunduke liste les projets qui refusent : Slackware (Patrick Volkerding), Omari (DHH), Zorin, Vendiful, Graphine, Artix, Garuda, Void, GhostBSD. Il cite notamment Patrick Volkerding : « We don’t need to implement this sort of thing in Slackware and does anyone know any attorneys? » En revanche, Debian, Fedora, Elementary, Pop!_OS, Ubuntu, Chrome OS, Android et Windows prévoiraient d’implémenter ces fonctionnalités.
Une ressource pour suivre l’évolution des lois
Lunduke met à disposition une page GitHub (accessible via lunduke.com) qui recense les lois proposées, adoptées ou abandonnées sur la vérification d’âge des OS, ainsi que les déclarations des développeurs. Il invite à consulter cette ressource pour rester informé : « If you want to see the latest version of any given law, all the details are up there on that site. »
CONCEPTS CLÉS
- Age attestation : processus par lequel un système confirme l’âge d’un utilisateur sans nécessairement vérifier son identité, souvent via une API.
- Signal d’âge : mécanisme technique (API) par lequel un OS transmet une indication d’âge aux applications et sites web.
- Exemption open source : clause légale censée exempter les logiciels libres, mais dont la formulation peut avoir l’effet inverse.
- Violation : en droit, chaque utilisateur non conforme peut constituer une infraction distincte, multipliant les amendes.
CONCLUSION
Cette vidéo met en lumière une tendance législative préoccupante : des lois présentées comme protectrices pour les enfants imposent en réalité une collecte de données intrusive au niveau des systèmes d’exploitation, avec des amendes dissuasives pour les petits projets open source. Le message principal est que ces lois sont non seulement liberticides mais aussi techniquement absurdes, et que la résistance des développeurs est essentielle. Pour un administrateur système, cela signifie qu’il faut surveiller l’évolution de ces textes et se préparer à des changements majeurs dans la gestion des comptes et des identités, ou à des conflits juridiques si l’on choisit de ne pas s’y conformer.