Linux Kills Even More Old Hardware
La vidéo analyse la décision du noyau Linux de rendre le TSC (Timestamp Counter) obligatoire pour les CPU x86, une évolution qui ne concerne que des processeurs antérieurs à 1993 et qui simplifie le code du noyau sans impact réel pour les utilisateurs modernes.

SYNTHÈSE STRUCTURÉE
Contexte de la décision
Le patch, initialement proposé en 2025 puis soumis au noyau quelques mois plus tard, sera intégré à la version 7.2 du noyau Linux. Il supprime le code de compilation pour les systèmes sans TSC, tandis qu’un autre patch séparé retire l’exigence de présence du TSC. L’intervenant précise : « This is a change that is actually going to, I don’t want to say affect you, because we’ll get to that, but be out there in the wild. » Il s’agit donc d’une évolution technique majeure, mais dont la portée pratique est très limitée.
Ce que fait le TSC
Le TSC est un registre présent sur tous les CPU x86 qui compte les cycles CPU depuis le reset. Il sert principalement au profiling de performance et à la mesure du temps à bas niveau. L’intervenant explique : « Basically, this is a register present on all x86 CPUs. A register is basically a thing on the CPU that stores something and simply counts the number of CPU cycles since reset. » Les implémentations modernes utilisent un TSC invariant qui tourne à une fréquence constante, indépendamment de la vitesse réelle du CPU, ce qui le rend fiable pour la mesure du temps.
Les CPU concernés par l’abandon
Les processeurs qui ne pourront plus démarrer Linux sont ceux antérieurs à 1993, notamment l’Intel i486 (1989) et ses clones (IBM, Cyrix, Texas Instruments). L’intervenant précise : « This is a CPU that is no longer going to boot on Linux. Along with any of the clones of the CPU made by various companies out there like IBM, Cyrix, Texas Instruments, and a whole bunch of other companies. » Les Pentium originaux (1993) et tous les CPU plus récents restent supportés.
Les exceptions notables
Certains CPU de l’ère Pentium ne possèdent pas de TSC, comme le Cyrix 6x86 (1985), l’IDT WinChip (1987), l’AMD Elan SoC et les premiers AMD K5 (1996). L’intervenant donne une règle simple : « If it is anything I-486, so 1989 or older, no TSC. Anything from around 1993 to about 1997 probably has a TSC, but it can be a bit hit and miss. After that point, the TSC is a completely standard CPU feature. »
La portée limitée à l’architecture x86
Cette modification ne concerne que l’architecture x86. Les autres architectures comme ARM ne sont pas affectées, même si elles peuvent ne pas avoir de TSC équivalent. L’intervenant insiste : « In this specific set of patches, we are only talking about the x86 TSC. We’re not talking about ARM. We’re not talking about any other sort of architecture. Only x86. ARM is a whole nother beast that will come up eventually. »
La motivation technique
La raison principale est une simplification du code du noyau. Chaque CPU supporté sans TSC oblige à écrire du code plus complexe pour la gestion du temps, à le tester et à le maintenir. L’intervenant explique : « Every single x86 CPU for the past 30 years has a TSC. But because you have systems that are supported that don’t, every single thing that involves the TSC in the kernel, all of that timing-related stuff has to be written more complicated. » Cette complexité n’a plus de justification pour du matériel que personne n’utilise avec un noyau moderne.
Le précédent historique
Cette décision s’inscrit dans une continuité logique. En avril 2025, Linus Torvalds a fusionné le code commençant à retirer le support des i486 dans Linux 7.1. L’intervenant note : « This whole endeavor shouldn’t really come as a major surprise to anyone as this idea of just removing i486 CPUs has been in discussion for quite a while. » Le support des i386 (les premiers CPU 32 bits) avait déjà été abandonné 14 ans plus tôt.
La réaction de la communauté
Les commentaires sur Phoronix montrent que cette décision était attendue depuis longtemps. L’intervenant cite : « There were people in here basically saying, hey, why not just go and drop 486 as well? Doubt there’s anyone using them, doubt there’s any working 486 left. » Cette attitude contraste avec l’idée moderne que le noyau doit supporter le matériel indéfiniment.
Les alternatives pour les utilisateurs concernés
Pour ceux qui auraient absolument besoin d’un noyau moderne sur un i486, plusieurs options existent : rester sur le noyau 7.1, utiliser une version LTS plus ancienne, ou passer à NetBSD. L’intervenant précise : « The old kernels are not being deleted. You can always hold back on the 7.1 kernel or just drop back to the latest LTS. Better yet, you probably want to go like considerably older because even though they are technically supported with newer kernels, my understanding is newer kernels don’t exactly play nicely on this old hardware. » Il est aussi possible de recompiler le noyau en annulant le patch.
CONCEPTS CLÉS
- TSC (Timestamp Counter) : registre CPU qui compte les cycles depuis le reset, utilisé pour la mesure du temps et le profiling.
- TSC invariant : implémentation moderne du TSC qui tourne à fréquence constante, indépendamment de la vitesse réelle du CPU.
- i486 : processeur Intel de 1989, premier CPU 32 bits largement adopté, dont le support est retiré du noyau Linux.
- Clones de CPU : processeurs compatibles x86 fabriqués par d’autres sociétés (Cyrix, IBM, Texas Instruments) dans les années 80 et 90.
- LTS (Long Term Support) : version du noyau Linux supportée sur une longue durée, généralement plusieurs années.
CONCLUSION
Cette décision du noyau Linux de rendre le TSC obligatoire est une simplification technique bienvenue qui ne devrait affecter personne en pratique. Comme le résume l’intervenant : « I really doubt that outside of just the fun of running it, anyone out there who actually has the deployment of this is actually being affected. » Les CPU concernés ont plus de 30 ans et ne sont plus utilisés avec des noyaux modernes. Cette évolution s’inscrit dans une logique de maintenance du noyau : retirer le support de matériel obsolète pour simplifier le code et réduire les coûts de test. Pour les passionnés qui voudraient expérimenter, les anciens noyaux restent disponibles, et il est toujours possible de recompiler le noyau avec le patch annulé.