Omarchy Is Not A Real Distro

Omarchy est passé d’un simple « Arch Linux avec un rice » à une distribution à part entière grâce à ses propres miroirs, dépôts et applications, mais la question centrale reste de savoir si ses 10 millions de dollars de financement seront utilisés pour soutenir l’écosystème op...

Voir la source

SYNTHÈSE STRUCTURÉE

Le débat initial : « Omarchy n’est que des fichiers de config »

L’intervenant revient sur les critiques formulées après l’annonce des 8 millions de dollars de financement initial. Beaucoup ont réduit Omarchy à un simple ensemble de fichiers de configuration, ce qui a suscité des moqueries. Il reconnaît que cette critique était justifiée à l’époque : « Quand Omarchy a été publié pour la première fois, personne d’honnête ne dirait que c’était vraiment une distro. C’était Arch Linux avec des changements d’opinion fantaisistes par-dessus. » Il insiste sur le fait que juger un projet sur son état passé plutôt que présent est une erreur, comme critiquer KDE Plasma 6 à cause des problèmes de KDE 4.

L’évolution concrète : miroirs et canaux de mise à jour

Omarchy a mis en place un miroir dédié des dépôts Arch Linux, ce qui n’est pas anodin. Ce miroir alimente plusieurs canaux de mise à jour : stable, rc, edge et dev. Le canal stable est en retard d’environ un mois sur Arch Linux, tandis que dev tire directement d’Arch Linux. L’intervenant précise que tous ces canaux, sauf dev, passent par les miroirs Omarchy. C’est une infrastructure réelle, pas un simple script post-installation.

Le dépôt de paquets Omarchy : au-delà du miroir

En plus du miroir, Omarchy maintient un dépôt de paquets séparé, qui n’est pas qu’une copie d’Arch Linux. Il contient des paquets que les utilisateurs d’Arch Linux tireraient normalement de l’AUR, comme des versions bêta de 1Password ou des binaires de Cursor. Ce dépôt est un signe de maturité : il montre qu’Omarchy ne se contente pas de reconditionner, mais qu’il gère des paquets spécifiques à sa distribution.

Les applications propriétaires : OmaWrite, OmaTrack, OmaSnap, OmaZed, OmaCalc

Omarchy développe ses propres applications, même si elles sont simples : OmaWrite (éditeur de texte), OmaTrack (analyse de télémétrie pour la Formule 1, car DHH est fan), OmaSnap (capture d’écran), OmaZed (gestionnaire de thèmes pour Zed) et OmaCalc (calculatrice). L’intervenant note qu’aucune n’est révolutionnaire, mais « ce sont des applications quand même ». Il mentionne aussi OmaBot, un outil d’IA non encore officiellement publié.

Le noyau et les patches supplémentaires

Le noyau utilisé par Omarchy inclut des patches supplémentaires, ce qui va au-delà d’un simple noyau Arch Linux standard. Cela renforce l’idée que la distribution ne se limite pas à une couche cosmétique. L’intervenant évoque aussi des tensions possibles avec NixOS, laissant entendre que DHH pourrait avoir des projets dans cette direction, mais rien n’est confirmé.

Comparaison avec d’autres distributions Arch Linux

L’intervenant établit une comparaison avec CachyOS, Manjaro et EndeavourOS. CachyOS est décrit comme « Arch Linux avec des changements de paquets et un dépôt personnalisé », sans même avoir ses propres miroirs. Manjaro a ses miroirs et retarde ses mises à jour, tandis qu’EndeavourOS est « littéralement Arch Linux avec un rice ». Sa conclusion est sans appel : « Soit aucune de ces distributions n’est une distro, soit elles le sont toutes. » Il propose même, par dérision, de les appeler « scripts post-installation fantaisistes » pour rester cohérent.

La dépendance à Arch Linux : un risque structurel

Malgré ses infrastructures, Omarchy dépend entièrement d’Arch Linux pour la maintenance des paquets. L’intervenant souligne que si Arch Linux disparaissait, Omarchy aurait un problème majeur : « Sans Arch Linux, Omarchy n’existe pas. » Leur dépôt personnalisé ne couvre qu’environ 40 applications, ce qui est marginal par rapport à l’ensemble. Il estime que les 10 millions de dollars permettraient à Omarchy de devenir indépendant, mais que cela nécessiterait une décision stratégique claire.

La recommandation clé : financer Arch Linux et les projets amont

L’intervenant insiste sur le fait qu’une partie du financement devrait aller à la maintenance des paquets Arch Linux. Cela bénéficierait à toutes les distributions basées sur Arch, y compris SteamOS. Il cite l’exemple de DHH qui a contacté l’équipe Arch Linux au sujet des malwares dans l’AUR, sans réponse. Il considère que c’est une occasion unique de renforcer l’écosystème entier, pas seulement Omarchy.

Hyprland et Quickshell : les premiers bénéficiaires

Hyprland est déjà directement financé par la fondation, et Quickshell, le composant qui permet l’interface graphique d’Omarchy, vient d’être ajouté à la liste des projets sponsorisés. L’intervenant souligne que « sans Quickshell, vous n’auriez pas la plupart du bureau fantaisiste qui existe sur Omarchy ». Ces financements sont positifs, mais ils ne couvrent qu’une partie des outils utilisés.

Les autres outils open source à soutenir

L’intervenant liste une série de projets qui devraient recevoir des dons : GNU tools, SystemD, NeoVim, LazyGit, LocalSend, LibreOffice, MPV, OBS, CadenLive. Il propose des dons annuels de 10 000 dollars par projet, ce qui serait trivial pour une fondation disposant de 10 millions. Il exclut les projets détenus par de grandes entreprises, mais insiste sur le fait que tout projet open source volontaire inclus dans Omarchy mérite un soutien.

Le plaidoyer final : utiliser l’argent pour le bien commun

L’intervenant conclut en appelant à ne pas souhaiter l’échec de ce financement par simple opposition à DHH ou à Omarchy. Il déclare : « Si vous vous souciez vraiment de Linux, si vous vous souciez vraiment de l’open source, vous devriez plaider pour que cet argent aille à des projets où il bénéficiera réellement aux gens. » Il espère que la fondation continuera à financer des projets comme Quickshell et Hyprland, mais qu’elle élargira son champ d’action.

CONCEPTS CLÉS

  • Miroir de dépôts : copie locale d’un dépôt de paquets, permettant de contrôler les versions et de réduire la dépendance au dépôt principal.
  • Canal de mise à jour : branche de distribution avec un niveau de fraîcheur différent (stable, RC, edge, dev).
  • Dépôt de paquets personnalisé : dépôt contenant des paquets spécifiques à une distribution, souvent absents du dépôt principal.
  • Rice : personnalisation poussée de l’interface utilisateur, souvent cosmétique, sans modification profonde du système.
  • Post-install script : script exécuté après l’installation d’un système de base pour le configurer et y ajouter des logiciels.

CONCLUSION

Omarchy a franchi un cap technique indéniable en un an, passant d’un simple ensemble de configurations à une distribution avec ses propres miroirs, dépôts et applications. Cependant, sa dépendance à Arch Linux reste un point de fragilité structurel. Le véritable enjeu n’est pas de savoir si Omarchy est une « vraie » distro, mais comment les 10 millions de dollars seront utilisés. L’intervenant appelle à une redistribution vers les projets open source qui rendent Omarchy possible, car cela bénéficierait à tout l’écosystème Linux. C’est une position pragmatique : plutôt que de rejeter le financement par idéologie, il faut le canaliser vers des actions concrètes et utiles.

Du même canal

Tout voir