The Linux Open Source Document Editors Are Fighting

Cette vidéo analyse deux conflits distincts mais parallèles dans l'écosystème des suites bureautiques libres : le lancement controversé d'EuroOffice, un fork d'OnlyOffice, et les tensions profondes entre The Document Foundation (TDF) et la société Collabora autour du d�...

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SYNTHÈSE STRUCTURÉE

Le lancement d’EuroOffice et la réponse d’OnlyOffice

Une coalition menée par Nextcloud et IONOS a annoncé le lancement d’EuroOffice, présenté comme une suite bureautique souveraine européenne. Il s’agit en réalité d’un fork du projet OnlyOffice. Les initiateurs justifient cette décision par l’impossibilité de collaborer ouvertement avec OnlyOffice, citant un manque de transparence, des processus de contribution décourageants et le fait qu’OnlyOffice soit une entreprise russe, ce qui pose pour eux des “questions de souveraineté et de confiance” pour les administrations européennes.

Les griefs du fork EuroOffice contre OnlyOffice

Les créateurs d’EuroOffice énumèrent plusieurs raisons pour avoir forké plutôt que collaboré. Ils accusent OnlyOffice de ne pas accepter les contributions externes (“contributing is impossible or greatly discouraged”), de manquer de transparence avec des messages de commit obscurs et des blobs binaires, et de prendre des décisions controversées comme la fermeture de fonctionnalités. Ils pointent également le fait que la majorité des développeurs résident en Russie, un facteur qu’ils estiment problématique dans le contexte géopolitique actuel.

La réaction juridique d’OnlyOffice

OnlyOffice a répondu en accusant EuroOffice de violer les termes de sa licence, l’AGPLv3, qui inclut des conditions supplémentaires. Leur argument, soutenu par un avis juridique, est que la licence impose de conserver le branding et les attributions d’OnlyOffice dans les œuvres dérivées. Ils affirment qu’“un argument selon lequel une version modifiée du logiciel peut être distribuée sous une licence AGPLv3 pure est juridiquement infondé”. OnlyOffice exige une mise en conformité immédiate avant toute discussion.

La relance de LibreOffice Online par TDF

De l’autre côté, The Document Foundation a initié un vote pour “ressusciter” le projet LibreOffice Online, qui avait été mis de côté. Un membre du board explique que cette décision répond à une demande récurrente de la communauté, constatée lors d’événements comme le FOSDEM, pour une version en ligne officielle et communautaire de la suite. Le vote a passé, visant à rouvrir le dépôt et à encourager les contributions.

La position défensive de Collabora

Michael Meeks, de Collabora, a vivement réagi à cette initiative. Collabora développe et propose déjà Collabora Online, une version en ligne mature basée sur le code de LibreOffice. Meeks estime que la manœuvre de TDF ignore et dévalorise l’investissement massif de sa société. Il critique le manque de reconnaissance et craint une concurrence déloyale : “Competing with products sold… based approximately 95% on our work under the popular LibreOffice brand… is deeply problematic.”

L’escalade et l’exclusion des membres de Collabora

Le conflit a atteint son paroxysme lorsque le comité des membres de TDF a décidé d’exclure tous les employés et partenaires de Collabora, soit plus de 30 contributeurs historiques, dont des fondateurs et des committers majeurs. Meeks dénonce cette décision comme une injustice fondée sur des “préoccupations juridiques non prouvées et une culpabilité par association”. Il y voit une tentative de TDF de s’approprier le travail de Collabora tout en éliminant son influence.

La justification de TDF et les racines du conflit

TDF a publié une réponse détaillée justifiant ses actions par des impératifs légaux. La fondation explique que des décisions passées, comme l’octroi gratuit de la marque à des entreprises de l’écosystème ou l’attribution de contrats à des sociétés représentées au conseil d’administration, créaient des conflits d’intérêts contraires au droit des associations à but non lucratif. Ils affirment que les entreprises concernées, dont Collabora, ont résisté aux corrections nécessaires, forçant TDF à prendre des mesures drastiques pour se conformer à la loi après des audits.

CONCEPTS CLÉS

  • Fork : Création d’un nouveau projet logiciel à partir du code source d’un projet existant, menant à deux développements distincts.
  • AGPLv3 (GNU Affero General Public License v3) : Licence libre contraignante qui impose, entre autres, de rendre public le code source des applications web qui l’utilisent. OnlyOffice y ajoute des conditions supplémentaires (comme le maintien du branding).
  • Souveraineté numérique : Concept visant à garantir l’autonomie technologique et le contrôle des données, souvent invoqué par les institutions européennes pour justifier le recours à des solutions locales et open source.
  • Conflit d’intérêt : Situation où une personne ou une entité a des intérêts personnels ou professionnels qui pourraient influencer indûment ses décisions prises au nom d’une organisation (ici, au sein du board de TDF).

CONCLUSION

Le message principal est que la gouvernance et les modèles économiques sont des défis tout aussi critiques que le développement technique dans les grands projets open source. Ces deux drames illustrent les tensions inhérentes entre les objectifs communautaires, les impératifs commerciaux, les exigences légales et les considérations géopolitiques. Ils montrent que la simple disponibilité du code source ne garantit pas une collaboration harmonieuse, et que des questions de reconnaissance, de licence, de transparence et de contrôle peuvent mener à des fractures profondes. Ces conflits comptent car ils impactent directement la pérennité, l’innovation et l’adoption d’alternatives libres face aux géants propriétaires comme Microsoft.

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