Even More Dumb Software Licenses

Cette vidéo passe en revue des licences logicielles absurdes, humoristiques ou volontairement inapplicables, en soulignant pourquoi elles ne respectent pas les critères de l’open source et en mettant en garde contre leur utilisation réelle.

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SYNTHÈSE STRUCTURÉE

La prolifération des licences « stupides »

L’intervenant rappelle qu’il existe déjà 665 licences « sensées » recensées il y a deux ans, et que le nombre de licences absurdes est bien plus élevé. Il critique le fait que beaucoup de ces textes « existent comme une protestation contre l’obligation de choisir une licence ». Leur but n’est pas de fournir un cadre juridique viable, mais de faire une déclaration ou une blague.

L’UNO Reverse Public Licence (U-R-P-L) : une licence « virale » parodique

Cette licence prétend appliquer un « principe d’inversion réciproque » : tout logiciel qui interagit avec un programme sous U-R-P-L devient automatiquement soumis à cette licence. L’intervenant note : « Si vous voulez qualifier une licence GNU de virale, celle-ci est bien plus en phase avec la viralité ». La section 11 prévoit même un règlement des différends par une partie d’UNO en trois manches. Il précise clairement : « Ce n’est pas une licence sérieuse et elle ne tiendrait dans aucun tribunal, dans aucun pays, nulle part. Parce que c’est une blague. »

La ROFL License : une licence qui « mandate » le fun

La Rejoice of Fun License impose aux développeurs d’« avoir du fun en codant », de « s’asseoir sur la chaise la plus ergonomique », d’ajouter des commentaires ludiques dans la documentation et d’être disponible pour les autres développeurs. L’intervenant souligne que cela viole deux critères de l’Open Source Definition : la non-discrimination contre les personnes (une personne avec anxiété sociale serait exclue) et la non-discrimination contre les domaines d’activité (que faire si on veut écrire un logiciel « triste et méchant » ?). Il conclut : « Ce n’est évidemment pas une licence que vous voudriez vraiment utiliser. »

Better Ask the LLM (BATL) : une parodie de la licence MIT

Cette licence reprend la structure de la licence MIT mais la remplace par des clauses humoristiques : « Le logiciel est fourni en l’état, peut-être, sans garantie d’aucune sorte… surtout si ce but est la domination mondiale ». L’intervenant résume : « C’est juste des vibes, tout en bas. Peu importe ce que l’IA vous dit, c’est probablement correct, parce que personne ne se soucie vraiment des licences logicielles. »

Big Bill Hell’s Licence : une insulte enregistrée

Le créateur a fourni un fichier audio où il insulte l’utilisateur (« Fuck you, open source », « Shove it up your ugly ass »). L’intervenant trouve cela « amusant et stupide » mais insiste : « Ce n’est pas une vraie licence. » Il remarque que l’audio ajoute une dimension absurde supplémentaire.

La Death and Repudiation Licence (D&R) : une licence pour les morts

Cette licence interdit l’utilisation par tout être vivant, et réserve les droits aux cadavres ou aux héritiers. Elle menace de « punition à la mesure de la loi » quiconque serait vivant. L’intervenant pose une question philosophique : « Est-ce que cela s’applique au zombie philosophique ? » (un être sans expérience interne). Il souligne l’inapplicabilité totale de telles clauses.

La Curse of Knowledge License : une licence auto-référente

Lire le texte de la licence annule immédiatement les droits qu’elle accorde. L’intervenant explique : « Si vous n’avez jamais lu ce texte, vous avez des droits illimités. Si vous l’avez lu, vous n’avez aucun droit. » Il relie cela aux débats juridiques sur la validité des conditions d’utilisation que personne ne lit.

L’Overwatch License Revision 2 : une licence dépendante d’un jeu vidéo

La permission de modifier le logiciel est conditionnée au fait d’avoir un rang compétitif plus élevé que le détenteur des droits dans Overwatch 2. Problème : le jeu a été renommé en Overwatch, rendant la condition impossible à remplir. L’intervenant note : « Vous ne pourrez jamais obtenir ces droits. »

La Monkey License : « Ne pas utiliser »

Le texte dit simplement : « Je ne donne à personne la permission d’utiliser cet outil. Ne l’utilisez pas. » L’intervenant s’interroge : « Pourquoi le code source est-il public si vous ne voulez pas que les gens l’utilisent ? » Cela illustre une contradiction fondamentale.

Les licences avec clauses morales (AmogOS, Satania, Cirno)

L’intervenant explique que des licences comme celle d’AmogOS (« Redistribution à des fins non malveillantes ») ou les licences « Satania Daiakuma » et « Strongest Public License » imposent des conditions subjectives (ne pas promouvoir certains personnages d’anime, apprécier Cirno). Il rappelle : « Aucune de ces licences n’est open source. Ne les laissez jamais prétendre qu’elles le sont. C’est ce qu’on appelle de l’open washing. »

CONCEPTS CLÉS

  • Open washing : Pratique qui consiste à qualifier un logiciel d’open source alors qu’il ne respecte pas les critères de l’Open Source Definition (OSD), souvent pour bénéficier de la réputation du mouvement.
  • Clause morale : Condition d’utilisation qui interdit certains usages jugés « mauvais » par l’auteur, sans définition objective. Cela viole le critère de non-discrimination contre les domaines d’activité de l’OSD.
  • Licence auto-référente : Licence dont les conditions s’appliquent à la lecture même du texte, rendant impossible la connaissance des droits sans les perdre.
  • Viralité : Capacité d’une licence à imposer ses conditions à tout logiciel qui interagit avec le code couvert (ex. GPL). L’U-R-P-L pousse ce concept à l’extrême parodique.

CONCLUSION

Le message principal est que ces licences, bien qu’amusantes, sont inutilisables en pratique et ne doivent pas être confondues avec de véritables licences open source. L’intervenant met en garde contre l’open washing et rappelle que l’open source repose sur des critères précis (liberté d’utilisation, de modification, de redistribution, non-discrimination). Pour un administrateur système, la leçon est claire : ne jamais adopter une licence sans vérifier sa conformité à l’OSD, sous peine de s’exposer à des litiges ou de rendre son projet incompatible avec l’écosystème open source.

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