The Never Releasing Linux Client

GOG a officiellement confirmé travailler sur un client GOG Galaxy natif pour Linux, mais l’historique de promesses non tenues depuis près de dix ans incite à la prudence, même si l’embauche d’un spécialiste marque une avancée concrète.

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SYNTHÈSE STRUCTURÉE

Contexte : GOG et son positionnement face à Linux

GOG se distingue de Steam par son absence de DRM sur les jeux, ce qui attire une communauté sensible à la liberté logicielle. Cette philosophie explique en partie pourquoi les utilisateurs Linux sont nombreux sur cette plateforme. L’intervenant rappelle que « les jeux n’ont pas de DRM, ils ne sont pas verrouillés au client », ce qui signifie que le client Galaxy n’est qu’un outil de confort, pas une obligation. Cette particularité rend la demande pour un client Linux d’autant plus légitime, car elle s’inscrit dans une logique de compatibilité avec les valeurs de la plateforme.

Les déclarations officielles de GOG

En janvier, le managing director a confirmé que Linux faisait partie de la stratégie annuelle de GOG, avec une réponse prudente : « Je ne veux pas m’engager sur des détails, mais vous verrez cette tendance, et nous savons que Linux est proche du cœur de nos utilisateurs. » Le nouveau propriétaire, cofondateur historique, a été plus direct en critiquant Windows : « C’est un logiciel de si mauvaise qualité, je suis surpris qu’il ait tenu si longtemps sur le marché. » Ces déclarations montrent une volonté politique, mais sans engagement technique précis.

L’offre d’emploi : un signal concret

En janvier, une offre d’emploi pour un ingénieur logiciel senior spécialisé Linux a été repérée sur le site de GOG. La mission principale : « construire et maintenir GOG Galaxy sur Linux, tout en collaborant sur des solutions cross-platform Windows et Mac OS. » C’est le premier élément tangible depuis des années, car il implique un investissement financier et humain. L’intervenant note avec ironie : « Au moins, ils ont embauché un gars. C’est mieux que la dernière fois. »

Confirmation officielle et recrutement effectif

Deux semaines avant la vidéo, GOG a confirmé par email à Gaming on Linux que le spécialiste était désormais en poste. Le joint CEO a déclaré : « Linux continue d’être un des sujets les plus évoqués par notre communauté, et nous apprécions la passion et la patience de tous. Nous explorons activement la meilleure approche pour le support Linux de GOG Galaxy. » Il précise que c’est « un chantier significatif » et qu’aucun calendrier ne sera communiqué tant que les résultats ne seront pas prêts.

Le scepticisme historique : neuf ans de promesses

L’intervenant exhume un article de Gaming on Linux datant de neuf ans, où GOG affirmait déjà travailler sur Galaxy pour Linux sans ETA. Il souligne la répétition du schéma : « La même chose est dite. Quelque chose est en cours. On ne sait pas quand ça arrivera. » Ce précédent justifie sa prudence : « Je ne mettrai pas beaucoup d’espoir là-dedans tant que je n’aurai pas quelque chose à installer directement devant moi. » Il n’exclut pas de revoir ce jugement dans dix ans, mais reste mesuré.

La demande communautaire : un plébiscite écrasant

Sur la liste de souhaits communautaire de GOG, « Release the GOG Galaxy client for Linux » est de loin la demande la plus votée, avec « le double de la deuxième option », qui est elle-même une variante de la même requête. Cette popularité montre que le sujet n’est pas un caprice de niche, mais une attente majeure des utilisateurs. L’intervenant note aussi que l’open source du client serait « logique pour une plateforme sans DRM », mais il ne veut pas en faire un combat prioritaire.

Les alternatives actuelles : des outils tiers efficaces

En attendant un client officiel, plusieurs solutions existent. Le Heroic Games Launcher est le plus populaire, compatible GOG, Epic et Amazon, avec un flatpak disponible. Lutris est un gestionnaire généraliste qui intègre GOG et tout autre jeu, fonctionnant comme un outil de gestion Wine. Mini Galaxy est un client léger spécifique à GOG, mais l’intervenant le critique : « Je n’en suis pas fan, c’est clairement une implémentation basique. » Enfin, Bottles ou une configuration Wine directe restent des options valables.

L’intégration de Proton : la condition sine qua non

L’intervenant insiste sur un point crucial : un client Linux sans intégration de Proton ou Wine serait « inutile ». Il explique que « la plupart des jeux que vous voulez jouer ne sont pas natifs Linux », donc le client doit permettre de sélectionner des versions de Proton, de charger différents runtimes, et de gérer la compatibilité. Sans cela, le client n’apporterait rien de plus que le site web. C’est une exigence fonctionnelle, pas un luxe.

L’impact potentiel sur l’écosystème Linux

Un client officiel GOG Galaxy sur Linux serait un signal fort, car actuellement seul Steam propose un support natif de qualité. Epic Games n’a pas de client officiel, et les autres lanceurs (EA, etc.) fonctionnent via Wine avec plus ou moins de succès. L’intervenant souligne que « avoir ce support first-party, même si ce n’est pas l’outil principal, montre que l’entreprise s’engage au minimum à soutenir la plateforme ». Cela pourrait encourager d’autres acteurs à suivre, comme Epic, qui semble envisager une telle démarche.

Les limites de l’enthousiasme : prudence et attentes

Malgré les signaux positifs, l’intervenant reste pragmatique : « J’espère que ça sortira, parce qu’on arrêtera d’en parler tous les six mois. » Il rappelle que les promesses passées n’ont pas abouti, et que l’embauche d’un ingénieur ne garantit pas un produit final. Il conclut sur une note d’attente : « On verra bien. Il faudra attendre et voir. » Cette prudence est saine face à un historique de désillusions.

CONCEPTS CLÉS

  • GOG Galaxy : client propriétaire de GOG pour gérer sa bibliothèque de jeux, actuellement absent de Linux.
  • DRM : gestion des droits numériques ; GOG se distingue par son absence totale de DRM sur ses jeux.
  • Proton : couche de compatibilité de Valve permettant de lancer des jeux Windows sur Linux via Wine.
  • Wine : logiciel permettant d’exécuter des applications Windows sur Linux, base de Proton.
  • Heroic Games Launcher : client tiers open source pour GOG, Epic et Amazon, très utilisé sur Linux.
  • Lutris : gestionnaire de jeux et d’installations Wine, flexible et modulaire.
  • Flatpak : format d’empaquetage universel pour Linux, facilitant l’installation de logiciels.

CONCLUSION

La confirmation de GOG est une avancée réelle, mais elle s’inscrit dans un historique de promesses non tenues qui impose une prudence légitime. L’embauche d’un ingénieur dédié est un signal plus fort que les déclarations d’intention, mais le chemin vers un client fonctionnel reste long. La condition essentielle pour que ce client ait un sens est l’intégration native de Proton et Wine, sinon il ne sera qu’un coquille vide. Pour l’écosystème Linux, ce serait une victoire symbolique et pratique, mais il faut attendre des preuves tangibles avant de crier victoire. En attendant, les outils tiers comme Heroic et Lutris restent les meilleures options pour les utilisateurs de GOG sur Linux.

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