Linux's Mascot Was Created In This Version Of GIMP
Cette vidéo explore la version 0.54.1 de GIMP (la première version publique de 1996), son interface basée sur le toolkit Motif, ses limitations majeures (pas de calques, pas de gomme, pas d’infobulles) et son contexte historique, tout en fournissant des instructions pratiques ...

SYNTHÈSE STRUCTURÉE
Origine de GIMP et son toolkit initial
GIMP est célèbre pour avoir créé GTK (initialement « GIMP Toolkit »), mais à ses débuts, il utilisait un autre toolkit : Motif. L’intervenant précise : « Up until the 0.6 release, it was actually using an entirely different toolkit. That toolkit is known as Motif. » Motif, développé par l’Open Software Foundation à partir de 1988, était un toolkit propriétaire jusqu’à sa réédition sous LGPL 2.1 en 2012. Son look gris et plat, typique de l’époque, était dû aux limitations matérielles, pas à un choix esthétique délibéré.
Première version publique : GIMP 0.54
La version 0.54 (plus précisément 0.54.1) est la première mise à disposition publique. L’intervenant explique : « 0.54 was the first publicly available version of GIMP. When you think of the GIMP initial release, this is the version. » À l’époque, le nom signifiait « General Image Manipulation Program » ; ce n’est qu’en 1997, après que Richard Stallman ait contacté les développeurs, qu’il est devenu « GNU Image Manipulation Program ».
Utilisation de Flatpak pour préserver l’ancien logiciel
L’intervenant recommande vivement Flatpak pour exécuter ce logiciel vieux de 30 ans : « This is the perfect use for a Flatpak. Yes, you might come up with some other containerized solution for it, but not having ancient, garbage, old dependencies littering my system […] putting that in a container, making that easily shippable, honestly, better way to do it. » Le dépôt GitLab fournit un fichier Flatpak à installer manuellement (pas sur Flathub).
Interface multi-fenêtres et absence de calques
GIMP 0.54 utilise une disposition multi-fenêtres (chaque outil ouvre une fenêtre séparée). L’intervenant note : « Gimp didn’t have layers at this point. Onions might have layers, but Gimp 0.54 doesn’t. » Pour contourner cette absence, les utilisateurs ouvraient plusieurs toiles et les traitaient comme des calques, une méthode qualifiée de « God no » par l’intervenant. Les calques n’ont été introduits qu’avec la refonte majeure de la version 0.99, avant la 1.0.
Outils limités et absence d’infobulles
Les outils ne disposent pas d’infobulles (tooltips). L’intervenant décrit trois méthodes pour les identifier : essayer au hasard, lire la documentation, ou utiliser le menu Tools pour voir les noms. Il souligne aussi l’absence de l’outil gomme : « Where’s the eraser? There’s no eraser in this list here. None at all. » Bien que certains en ligne affirment son existence, l’intervenant n’a pas réussi à le trouver.
Gestion des couleurs et du texte
La palette de couleurs est une fenêtre séparée qu’il faut garder ouverte en permanence. Pour le texte, l’intervenant explique : « In modern Gimp, you’d click, and then like a window would pop up […] No, no, no. » Dans cette version, il faut sélectionner la police dans une fenêtre, taper le texte dans un champ en bas, puis valider. La couleur du texte doit être définie au préalable via la palette. L’intervenant résume : « Holy shit, there’s a lot of additional steps there. »
Problème des polices Xorg
Un avertissement important : GIMP 0.54 utilise les polices Xorg, un système antérieur à fontconfig/XFT. L’intervenant précise : « GIMP 0.54 predates fontconfig slash XFT, and asks the XServer directly. » Sans ces polices, l’outil texte plante lors de la validation. Il recommande d’installer les paquets de polices Xorg (disponibles sur Arch et Fedora, à vérifier pour les autres distributions).
Plugins et documentation
Un système de plugins basique existait déjà. L’intervenant mentionne le « GIMP plug-in registry » archivé sur GitLab, avec des extensions pour 0.54. L’installation consiste à placer le fichier dans le répertoire plug-ins. La documentation est une page HTML unique listant les fonctionnalités, mais elle est incomplète : « Some of the stuff is not even complete […] it’s more like, oh, here’s this feature that exists. »
Contexte historique : Motif, CDE et l’essor de GNOME
L’intervenant replace Motif dans l’histoire des environnements de bureau. Motif a donné naissance au Motif Window Manager (MWM) et au Common Desktop Environment (CDE). KDE s’en est inspiré, ce qui a conduit à la création de GNOME (GNU Network Object Model Environment). Il explique : « One reason why Gnome popped off so much early on is Gnome was the GNU desktop […] it’s the thing that all of the big open source people used. » Motif et CDE sont devenus open source en 2012, mais sont aujourd’hui « basically dead-ish kind of projects ».
Fonctionnement sous Wayland et XWayland
L’intervenant teste la version Flatpak sous Wayland via XWayland. Il note : « It’s running through XWayland, and it would have been using x11 systems to place itself, it is being placed in the top left corner of my leftmost monitor. » Hormis ce placement aléatoire, l’application fonctionne correctement.
Patchs pour la compatibilité moderne
Le dépôt GitLab inclut des patchs pour faire fonctionner GIMP 0.54 sur un système actuel. L’intervenant précise : « There have been some patches made to it, to have it actually be able to function. They’re mostly like back-end things, just to not have it immediately crash. » Il s’agit donc d’une version « aussi proche que possible » de l’originale, mais pas strictement identique.
CONCEPTS CLÉS
- Motif : Toolkit graphique propriétaire (1988) devenu open source en 2012 sous LGPL 2.1. Utilisé par GIMP 0.54 et CDE. Caractérisé par son aspect gris et plat.
- Xorg fonts : Système de polices antérieur à fontconfig/XFT, où le serveur X gère directement les polices. GIMP 0.54 en dépend pour l’outil texte.
- Flatpak : Système de conteneurisation d’applications de bureau. Utilisé ici pour isoler les dépendances anciennes de GIMP 0.54 du système hôte.
- CDE (Common Desktop Environment) : Environnement de bureau standard sur les Unix commerciaux des années 1990, basé sur Motif. A inspiré les premières versions de KDE.
CONCLUSION
Le message principal est que GIMP 0.54, bien que rudimentaire (pas de calques, pas de gomme, interface multi-fenêtres), a été l’outil utilisé pour créer Tux, la mascotte de Linux. L’intervenant souligne l’importance de préserver ce logiciel via des conteneurs comme Flatpak, tout en mettant en garde contre les dépendances obsolètes (polices Xorg). Cette version illustre à quel point les outils graphiques ont évolué, et pourquoi des fonctionnalités comme les calques sont devenues indispensables. Pour l’administrateur système, c’est un cas d’école sur la gestion de logiciels anciens et l’utilisation de conteneurs pour éviter de polluer un système moderne.