FreeBSD Eliminated All Its GPL Code
Cette vidéo analyse les différences philosophiques et techniques entre les licences GPL (Linux) et BSD, en expliquant pourquoi FreeBSD a récemment retiré tout code GPL de son système de base, et ce que cela révèle sur les objectifs fondamentaux de chaque projet.

SYNTHÈSE STRUCTURÉE
Les origines des licences : du GPLv2 au BSD
L’intervenant rappelle que Linux a commencé avec une licence « absolument horrible » rédigée par Linus Torvalds lui-même, avant d’adopter rapidement le GPLv2. Il cite Torvalds : « Je ne fais pas quelque chose d’aussi gros et professionnel que GNU ». De l’autre côté, le BSD original (4 clauses) date de 1989, avec des conditions minimales : conservation du copyright, pas d’utilisation des noms pour endorsement, et aucune obligation de partager les modifications. Cette divergence de philosophie est au cœur du débat.
La position de Torvalds sur le GPLv3
L’intervenant explique que Torvalds rejette le GPLv3 car il y voit des restrictions supplémentaires qui violent l’esprit du GPLv2. La relation qu’il recherche est simple : « Je fais le code source, je te donne le code source, tu utilises le code source, tu le modifies, tu renvoies les modifications. C’est la fin de la transaction. » Cela illustre une vision où l’échange est direct et sans conditions additionnelles.
Le retrait historique du GPL dans FreeBSD
Un événement récent est mis en avant : le commit « Retire Dialog » qui élimine le dernier composant GPL du système de base de FreeBSD. L’intervenant précise que ce processus a duré 33 ans, depuis l’époque où FreeBSD incluait même GNU Chess dans sa base. Aujourd’hui, avec la suppression de dialog, libdialog, libfigpar et dpv, le sous-arbre GNU est devenu une coquille vide. Il souligne : « FreeBSD’s userland is free of any GPL code in its base system. »
La philosophie permissive du BSD : « sans contraintes »
L’intervenant cite le FreeBSD Handbook : « Les objectifs du projet FreeBSD sont de fournir un logiciel qui peut être utilisé à n’importe quelle fin, et sans contraintes. » Il insiste sur le fait que la priorité est de maximiser l’utilisation du code, pas de forcer le partage des modifications. Cela explique pourquoi des entreprises comme Apple, Sony ou Nintendo utilisent du code BSD sans contribuer en retour : c’est une fonctionnalité de la licence, pas un bug.
La vision restrictive du GPL : protéger les quatre libertés
L’intervenant rappelle que le GPL est conçu comme une licence « restrictive » pour protéger les quatre libertés fondamentales (exécuter, étudier, redistribuer, modifier). Il explique : « Vous protégez ces libertés en restreignant les libertés des autres qui veulent vous les enlever. » Cela crée une tension directe avec l’approche BSD, où la liberté de ne pas partager est acceptée.
Pourquoi FreeBSD avait du GPL au départ
L’intervenant explique que c’est une question de pragmatisme historique : à cause d’un procès AT&T contre BSD dans les années 1990, Linux a pris l’avantage en termes de popularité. FreeBSD, arrivé plus tard, a dû intégrer des composants GPL (comme gcc, diff, grep) faute d’alternatives BSD disponibles. Il précise : « Si tu voulais les choses que tu voulais, à moins de les construire toi-même, tu devais juste accepter. »
La différence entre base système et paquets utilisateur
L’intervenant clarifie un point crucial : le débat ne porte pas sur l’installation de logiciels GPL par l’utilisateur (comme Bash ou Steam), mais sur ce qui est dans le système de base. Il cite : « Ce qui importe, c’est ce qui est requis pour que FreeBSD fonctionne. Leur objectif était : pas de GPL requis dans le système de base. » Cela évite toute confusion entre liberté d’installation et philosophie du projet.
CONCEPTS CLÉS
- GPLv2 : Licence copyleft qui oblige à redistribuer les modifications du code source sous la même licence. Utilisée par le noyau Linux.
- BSD 4-clauses : Licence permissive originale qui exige seulement la conservation du copyright et une mention dans les publicités. Aujourd’hui souvent remplacée par des versions à 2 ou 3 clauses.
- Copyleft : Mécanisme juridique qui utilise le droit d’auteur pour garantir que les versions modifiées d’un logiciel restent libres (ex : GPL).
- Permissive license : Licence qui autorise une utilisation quasi illimitée, y compris dans des logiciels propriétaires, sans obligation de partager les modifications (ex : BSD, MIT).
- Base system : Ensemble minimal de logiciels nécessaires au fonctionnement d’un système d’exploitation (noyau, shell, utilitaires de base). Distinct des paquets installés par l’utilisateur.
CONCLUSION
Le message principal est que les choix de licence ne sont pas de simples détails techniques : ils reflètent des philosophies profondément différentes sur ce que signifie « liberté » dans le logiciel. Le GPL cherche à protéger les quatre libertés en imposant des restrictions, tandis que le BSD privilégie la diffusion la plus large possible, même au détriment du partage des améliorations. L’intervenant conclut : « J’aime Linux tel qu’il est, tu aimes BSD tel qu’il est. On peut chacun faire notre truc. » Cette diversité est saine pour l’écosystème, car chaque approche répond à des besoins différents – les entreprises préfèrent souvent le BSD pour sa flexibilité légale, tandis que les communautés open source militantes valorisent le copyleft du GPL.