This Beloved Linux Login Screen Is Back
LightDM, longtemps le gestionnaire de connexion par défaut de nombreuses distributions Linux, a été relancé après une quasi-abandon de quatre ans grâce à l’implication de Neal Gompa et Jay Paysack, avec une nouvelle version 1.33.0 et un avenir tourné vers Wayland et Qt6.

SYNTHÈSE STRUCTURÉE
Contexte historique de LightDM
LightDM a été créé par Canonical et introduit avec Ubuntu 11.10 en 2011. Il est devenu le visage de l’écran de connexion sur Ubuntu, puis sur Linux Mint à partir de 2017. Cependant, Ubuntu est revenu à GDM (GNOME Display Manager) la même année, laissant LightDM aux distributions dérivées comme les saveurs Ubuntu et les spins Fedora. L’intervenant rappelle : « For a very long time, LightDM really was the face of the Linux login screen. » Cette adoption large a fait de LightDM un composant critique pour de nombreux systèmes, bien que son développement ait stagné.
La stagnation prolongée du projet
La version 1.32.0, publiée le 18 juillet 2022, semblait normale, mais aucun autre release n’a suivi pendant plus de trois ans. Les utilisateurs ont commencé à s’interroger sur l’abandon du projet, avec des issues non traitées et des pull requests (PR) ignorées. L’intervenant cite un utilisateur frustré : « I came here looking for similar issues to the one they were reporting here. I found nothing like this, but I found many severe issues from years ago that didn’t even receive an answer. » Cette période a mis en évidence un problème récurrent dans l’écosystème open source : la dépendance à un mainteneur unique.
La position de Robert Ancell, le créateur
Robert Ancell, employé de Canonical et créateur de LightDM, a officiellement annoncé en 2022 que le projet n’était plus développé activement. Il a précisé : « Since it was no longer the default display manager in Ubuntu, development resources have reduced, but it continues to work. » Il a recommandé d’utiliser soit la dernière version stable, soit la branche main de Git, qui « should always be usable ». Cette annonce a laissé les distributions dépendantes dans une situation délicate, sans feuille de route claire.
L’intervention de Neal Gompa (Conan Kudo)
En tant que mainteneur du paquet LightDM pour Fedora, Neal Gompa a exprimé ses inquiétudes dans un message détaillé : « There hasn’t been any substantial activity since December 2024 in terms of reviewing and merging pull requests. » Il a souligné que cinq spins Fedora utilisaient LightDM et que des PR cruciales, comme celle pour le support Qt6, attendaient depuis près d’un an et demi. Il a également mentionné une PR vieille de six ans pour le support Wayland, devenu essentiel sur Fedora. Son appel a été entendu, et il est devenu co-mainteneur du projet.
Les défis des distributions dérivées
Les saveurs Ubuntu, comme Ubuntu Budgie, ont dû gérer des correctifs maison en attendant une mise à jour officielle. Le chef de projet d’Ubuntu Budgie a expliqué : « LightDM/SlickGreeter is a key component of our flavor. However, this has been a problem for multiple LTS cycles. » Certains correctifs ont dû être retirés car ils ne fonctionnaient pas comme prévu, créant des instabilités en fin de cycle de développement. Cette situation illustre les risques de dépendre d’un projet sans mainteneur actif.
La transition vers une gouvernance communautaire
Robert Ancell a proposé une solution pragmatique : « If anyone in the community is interested in maintaining it, then please have a go. » Il a recommandé de continuer sur le projet original plutôt que de forker, car « you’re going to have people that don’t even know it was forked and don’t switch over to the fork, and that becomes a whole mess. » Le dépôt a été déplacé de l’organisation Canonical vers celle d’Ubuntu, et la Canonical CLA (Contributor License Agreement) a été abandonnée, un obstacle majeur pour les contributeurs potentiels.
La nouvelle version 1.33.0
Publiée récemment, la version 1.33.0 marque le retour du projet. Elle inclut principalement le support Qt6 pour les greeters, sans changements cassants ni nouvelles dépendances. L’intervenant précise : « The purpose of this release is primarily to make a tag of all fixes racked up since 1.32.0 and take care of some sitting PRs. » Une version mineure supplémentaire a corrigé des problèmes spécifiques à FreeBSD, notamment la gestion des terminaux virtuels multiples.
Les perspectives d’avenir
Le projet est désormais maintenu par Jay Paysack (chef d’Ubuntu Cinnamon) et Neal Gompa. Les priorités incluent l’intégration du support Wayland, une évolution majeure pour les environnements modernes. L’intervenant reste prudent : « Where it’s going to go from here is kind of unclear. I would assume some of that Wayland support work is going to be merged in. » Il recommande aux utilisateurs de surveiller l’évolution avant de migrer vers des alternatives plus récentes.
CONCEPTS CLÉS
- Display Manager : Programme qui gère l’écran de connexion graphique et lance la session utilisateur. LightDM est un exemple, tout comme GDM ou SDDM.
- Greeter : Interface graphique spécifique à LightDM qui affiche l’écran de connexion. SlickGreeter est un greeter populaire utilisé par Linux Mint et Ubuntu Budgie.
- Canonical CLA : Accord de licence de contributeur exigé par Canonical pour accepter des contributions. Son abandon facilite la participation communautaire.
- Wayland : Protocole de serveur d’affichage moderne, remplaçant progressivement X11. Le support Wayland dans LightDM est crucial pour les distributions comme Fedora.
- Qt6 : Bibliothèque graphique utilisée pour développer des interfaces. Le support Qt6 permet aux greeters de fonctionner avec les environnements de bureau basés sur Qt.
CONCLUSION
LightDM est un exemple frappant de la fragilité des projets open source dépendant d’un seul mainteneur. Sa renaissance grâce à l’implication communautaire montre que la gouvernance partagée est essentielle pour la pérennité des logiciels critiques. Pour les administrateurs système, cette histoire rappelle l’importance de surveiller la santé des projets dont dépendent leurs infrastructures et de prévoir des plans de migration. Comme le dit l’intervenant : « Switch early if you’re willing to bear the costs and the risk of picking the wrong project, or wait it out with LightDM until the next tool becomes the obvious choice. » La prudence et la veille technologique restent les meilleures alliées.