Bitcoin la capitulation se joue-t-elle sous nos yeux
L’intervenant estime que le marché crypto n’a probablement pas encore terminé sa capitulation, et qu’une dernière jambe baissière (potentiellement sous 52 000 $) pourrait précéder une longue phase de consolidation à faible volatilité avant un vrai bottom.

SYNTHÈSE STRUCTURÉE
Deux types de capitulation : sur le prix et dans le temps
L’intervenant distingue deux formes de capitulation qui peuvent se combiner. La capitulation sur le prix correspond à une chute violente et rapide, souvent suivie d’un rebond en V (typique des indices américains en 2020 ou 2018). La capitulation dans le temps est plus insidieuse : le prix stagne, la volatilité s’effondre, et les investisseurs finissent par abandonner par ennui ou épuisement psychologique. Il précise : « Il y a la capitulation sur le prix, il y a la capitulation dans le temps. » Cette distinction est centrale pour comprendre son analyse.
Volume vendeur : un pic important mais pas forcément décisif
L’intervenant utilise un indicateur de volume exprimé en dollars (et non en Bitcoin) pour identifier les pics de capitulation. Le plus gros pic de volume vendeur de ce bear market a eu lieu le 2 février 2026, correspondant à un point bas. Depuis, le prix consolide autour de ce niveau. Cependant, il rappelle que lors du bear market précédent, plusieurs capitulations sur le prix ont eu lieu avant le bottom final (notamment avec FTX). Il nuance : « Il est possible en effet qu’on ait eu la capitulation sur le prix. Je dis bien il est possible, pas forcément, c’est le cas à 100 %. »
Volatilité : des niveaux historiquement bas mais pas encore extrêmes
Le volatility index utilisé par l’intervenant (en hebdomadaire) montre que les bottoms de 2018, 2022 et 2023 se sont formés dans des phases de très faible volatilité (zone verte sur son indicateur). Actuellement, la volatilité est basse mais pas encore au niveau des creux historiques. Il note : « On a déjà eu des phases où la volatilité a été encore beaucoup plus ennuyante. » Le BVOL 24h est à 0,34, proche des plus bas historiques (0,24 en août 2023), mais ce qui compte, c’est la durée de la phase de faible volatilité, pas seulement son intensité.
Altcoins : entrée dans la capitulation dans le temps
Sur le total market cap (hors Bitcoin), l’intervenant observe que la volatilité est déjà dans la zone verte et que le volume agrégé des altcoins est à des niveaux historiquement bas. Il compare avec le cycle précédent : 609 jours de faible volume avant un regain d’activité, contre environ 260 jours actuellement. Il en conclut : « Sur les altcoins, on y entre. Clairement, on y entre. » Mais il prévient que cela ne signifie pas que le bottom est atteint : des baisses de 47 % ont pu se produire pendant ces phases.
Stables coins : un indicateur de capitulation encore incomplet
L’intervenant analyse les réserves de stable coins comme un proxy de la capitulation des investisseurs. Lors du cycle précédent, environ 25 milliards de stables avaient été « cramés » (sortis du marché), soit environ 20 % des réserves. Sur ce cycle, seulement 13 milliards ont été brûlés, soit environ 5 %. Il explique : « Quand on crame du stable coin, c’est que l’argent sort du marché. » Deux hypothèses : soit l’argent institutionnel compense les sorties retail, soit les investisseurs n’ont pas encore vraiment capitulé. Dans les deux cas, il estime qu’il reste de la marge avant une capitulation complète.
ETF Bitcoin : des investisseurs sous-marins qui n’ont pas encore vendu
L’intervenant souligne que le prix d’achat moyen des ETF Bitcoin se situe autour de 80 000-85 000 $, alors que le prix actuel est de 62 000-63 000 $. Beaucoup d’investisseurs sont donc en perte mais n’ont pas encore appuyé sur le bouton vendre. Il envisage deux scénarios : soit des outflows massifs (capitulation sur le prix), soit une stagnation avec des sorties progressives (capitulation dans le temps). Il note : « Soit ces ETF vont perdre et on aura des outflows, soit ces mecs vendent tout simplement et ça fait chuter les prix. »
Zones de volume : où les gros poissons peuvent récupérer des positions
L’intervenant explique que les marchés ont tendance à aller chercher les zones de faible volume pour exécuter des ordres importants. Il illustre avec des exemples historiques : en 2018 et 2020, les bottoms se sont formés sous des zones de gros volume, là où les positions étaient les plus douloureuses. Il précise : « Ce qui tue les convictions des gens, c’est quand on va sous leur prix d’achat. » Pour lui, la zone de réaccumulation long terme se situe entre 45 000 et 54 000 $, avec un niveau clé sous 52 000 $ qui pourrait déclencher une panique généralisée.
Scénario probable : une dernière jambe baissière puis une longue consolidation
L’intervenant estime qu’il manque probablement une dernière capitulation sur le prix avant d’entrer dans la phase de capitulation dans le temps. Il base cette hypothèse sur la combinaison des indicateurs : volatilité pas encore au plus bas, stables coins pas assez brûlés, ETF encore sous-marins. Il déclare : « Je pense qu’il y aura peut-être un dernier coup histoire de vraiment mettre le dernier coup. » Il envisage un bottom potentiel autour de 54 000 $, avec un niveau de panique sous 52 000 $.
Gestion du risque : acheter dans la zone, pas au bottom
L’intervenant insiste sur le fait que le but n’est pas d’acheter le bottom exact, mais de se positionner dans des zones de rechargement long terme. Il rappelle que les phases de faible volatilité sont historiquement de bons moments pour faire du DCA. Il précise : « Le but n’est pas d’acheter le bottom, c’est simplement de se dire OK, on a très très bien retracé. » Il recommande une approche progressive en spot, sans chercher à timer le point précis.
Prudence sur les statistiques et les cycles
L’intervenant reconnaît les limites de son analyse : « Ça vaut pas grand-chose statistiquement parce qu’on a pas des milliards de cycles ici. » Il insiste sur le fait que les indicateurs qu’il utilise ne sont pas des signaux d’achat ou de vente, mais des outils pour comprendre la psychologie du marché et la phase du cycle. Il conclut : « Ce qui est le plus probable, c’est une longue, longue, longue phase de capitulation et de consolidation et de faible volatilité. »
CONCEPTS CLÉS
- Capitulation sur le prix : chute rapide et violente du prix, souvent suivie d’un rebond en V. Correspond à un pic de volume vendeur massif.
- Capitulation dans le temps : phase prolongée de faible volatilité et de volume réduit, où les investisseurs abandonnent par épuisement psychologique.
- Volatility index : indicateur qui agrège la volatilité sur plusieurs périodes (ici hebdomadaire) pour identifier les phases de très faible volatilité, souvent associées aux bottoms.
- BVOL 24h : mesure de la volatilité quotidienne du Bitcoin, utilisée pour comparer les niveaux actuels aux extrêmes historiques.
- Stable coins brûlés : diminution des réserves de stable coins (USDT, USDC, etc.), indiquant que des investisseurs sortent de l’écosystème crypto.
- Zones de volume : niveaux de prix où des volumes importants ont été échangés, souvent des zones de support ou de résistance que le marché a tendance à revisiter.
- DCA (Dollar Cost Averaging) : stratégie d’investissement progressive, consistant à acheter à intervalles réguliers pour lisser le prix d’entrée.
CONCLUSION
L’intervenant livre une analyse nuancée et pédagogique de la phase actuelle du marché crypto. Son message principal est que, malgré des signes encourageants (pic de volume vendeur, volatilité bas