The Other Linux Exists Devuan, Open Mandriva, Artix and Many Others

Cette vidéo explore trois distributions Linux alternatives — Devuan, OpenMandriva et Artix — qui s’opposent au courant dominant (systemd, Wayland, Rust) en privilégiant la liberté technique, la philosophie Unix et l’indépendance vis-à-vis des grands éditeurs.

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SYNTHÈSE STRUCTURÉE

Devuan : Debian sans systemd

Devuan est un fork de Debian né en 2014, juste après le vote controversé de Debian sur l’adoption de systemd. L’intervenant rappelle que « le vote à l’intérieur de Debian sur la question systemd est né d’une proposition de Ian Jackson » et que « la majorité a choisi de ne pas entraver systemd sous quelque forme que ce soit ». Devuan remplace systemd par sysvinit, OpenRC, runit ou s6, tout en conservant les mêmes paquets, le même apt et les mêmes dépôts que Debian. Le défi technique principal n’est pas de retirer systemd, mais de forker ou patcher les paquets qui en dépendent (comme logind, udev, timedatectl). L’intervenant précise : « C’est un effort continu mené par une équipe relativement petite, ce qui explique pourquoi les versions majeures de Debian sont suivies par celles de Devuan avec un certain retard. »

OpenMandriva : une distribution pionnière compilée avec Clang

OpenMandriva est la continuation de Mandriva Linux, fondée en 1998 par Gaël Duval. Après la faillite de Mandriva SA en 2015, l’association OpenMandriva a obtenu une licence irrévocable sur toute la propriété intellectuelle. Le point technique le plus frappant : en 2016, OpenMandriva LX 3.0 est devenue « la première distribution Linux de bureau au monde à être entièrement compilée avec Clang au lieu de GCC ». Les raisons sont concrètes : « De meilleurs temps de compilation, une expérience de compilation croisée plus fluide, l’accès aux sanitizers et aux outils d’analyse de l’écosystème LLVM. » OpenMandriva supporte ARM64, ARMv7 et travaille sur RISC-V. Son système de construction, l’ABF (Automated Build Farm), est distribué et modulaire : « Un contrôleur central distribue les tâches de compilation à des nœuds situés n’importe où sur Internet. N’importe qui avec une connexion peut contribuer à la puissance de calcul du réseau. »

Artix Linux : l’Arch Linux sans systemd

Artix est né en 2017 de la fusion de deux projets parallèles : Arch OpenRC et Manjaro OpenRC, tous deux apparus en 2012 quand Arch a adopté systemd « silencieusement, sans débat public majeur, sans vote ». L’intervenant souligne la contradiction : « Systemd n’est pas simple. Il n’est pas minimal. Il ne fait pas une chose et la fait bien. C’est un monolithe qui a progressivement colonisé tous les recoins de l’espace utilisateur. » Artix utilise les mêmes dépôts qu’Arch, y compris l’AUR, et propose le choix entre OpenRC, runit, s6 ou dinit comme init system. Depuis avril 2026, Artix adopte Xlibre (le fork de Xorg) comme serveur d’affichage par défaut sur toutes ses ISO officielles. L’intervenant note qu’Artix a dû abandonner le support des environnements de bureau basés sur GNOME, car GNOME « a progressivement renforcé sa dépendance à systemd ». Il conclut : « Artix ne plie pas. Si GNOME nécessite systemd, Artix ne supporte pas GNOME. Point final. »

La philosophie commune : un Linux « réel » contre le mainstream

L’intervenant oppose ces distributions au courant dominant (Debian, Ubuntu, Fedora, Arch) qui évolue « dans la même direction technique, politique et narrative » (systemd, Wayland, Rust). Il décrit un Linux « caché, discret, qui fonctionne tout aussi bien, parfois même mieux », fidèle à la philosophie Unix : simplicité, efficacité, indépendance. Il cite : « Nous avons choisi autrement et nous en sommes fiers. Un Linux encore rebelle, underground, contre le mainstream, contre tout le monde, sous la bannière de la liberté. » Il dénonce les « applications qui mettent 30 secondes à démarrer, les magasins centralisés, les interdictions propagandistes, les paquets universels qui n’offrent aucun avantage si ce n’est d’occuper 30 Go d’espace ».

CONCEPTS CLÉS

  • Init system : le premier processus lancé par le noyau, responsable du démarrage des services. systemd est le plus répandu, mais des alternatives comme OpenRC, runit, s6 ou dinit existent.
  • Clang : un compilateur C/C++ issu du projet LLVM, alternative à GCC. OpenMandriva l’utilise pour l’ensemble de ses paquets.
  • Xlibre : un fork de Xorg, le serveur d’affichage X11, maintenu pour ceux qui ne veulent pas passer à Wayland.
  • ABF (Automated Build Farm) : système de construction distribué d’OpenMandriva, capable de déléguer des tâches de compilation à des nœuds distants.
  • AUR (Arch User Repository) : dépôt communautaire d’Arch Linux contenant des paquets non officiels. Artix y a accès.

CONCLUSION

Le message principal est qu’il existe un écosystème Linux alternatif, discret mais techniquement solide, qui refuse l’uniformisation imposée par systemd et les grands éditeurs. Ces distributions — Devuan, OpenMandriva, Artix — incarnent une fidélité à la philosophie Unix : simplicité, choix, indépendance. L’intervenant appelle à ne pas les ignorer : « C’est un projet qui mérite plus qu’il n’en reçoit. Plus d’attention, plus de promotion, plus de popularité. » Pour un administrateur système, explorer ces alternatives permet de retrouver une maîtrise totale de son environnement, sans dépendre d’acteurs comme Red Hat/IBM.

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