Linux Drawing Tablet Support Is Weird

La vidéo analyse pourquoi les marques de tablettes graphiques (Huion, XP-Pen, Gaomon) refusent de collaborer au développement de pilotes Linux libres, pointant du doigt un problème de nommage historique des projets autour de Wacom et une méfiance marketing envers leur concurre...

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SYNTHÈSE STRUCTURÉE

Le problème du support des tablettes graphiques sur Linux

L’intervenant explique que le support des tablettes graphiques sur Linux est « kind of weird » (un peu étrange). Historiquement, Wacom domine l’écosystème, et les autres marques peinent à s’intégrer. Il illustre cela par une métaphore : « You have Wacom playing in the sandpit, and then everybody waiting on the outside looking in. » (Wacom joue dans le bac à sable, et tous les autres attendent dehors en regardant.) Ce déséquilibre vient du fait que les pilotes et bibliothèques actuels portent le nom de Wacom, même s’ils supportent désormais d’autres marques.

Le travail de David Revoy et les marques récalcitrantes

David Revoy, artiste et testeur reconnu, contacte régulièrement les marques pour tester leurs tablettes sur Linux. Il pose deux conditions : tester sous Linux et utiliser exclusivement des logiciels libres. Il transmet ensuite les spécifications matérielles à Peter Hutterer et Benjamin Tissoire (Red Hat) pour qu’ils les intègrent dans le projet UDev HID BPF. Mais les réponses sont souvent négatives : « we’ll discuss that internally to get back to you if we’re interested » (nous en discuterons en interne et vous recontacterons si nous sommes intéressés), puis plus rien.

La découverte du lien entre Gaomon, Huion, XP-Pen et Ugee

L’intervenant révèle que ces quatre marques appartiennent en réalité à la même société mère (Shenzhen Huion Trend Technology). Il le déduit de la similarité de leurs pilotes propriétaires : « the proprietary drivers of Gaomon, XP-Pen, Shenzhen, and Ugee all had a similar structure in their Debian packages and were used in the same tools. » (les pilotes propriétaires de Gaomon, XP-Pen, Shenzhen et Ugee avaient tous une structure similaire dans leurs paquets Debian et utilisaient les mêmes outils.) Cela explique pourquoi une seule réponse technique peut bloquer quatre marques à la fois.

La réponse de Gaomon : refus poli et méfiance envers Wacom

Après des échanges prometteurs avec un contact technique chez Gaomon, la réponse finale est un refus : « I need to apologize as I spoke with our technical team again today, and we’ve decided not to move forward with the Linux driver project at this time. » (Je dois m’excuser, j’ai reparlé avec notre équipe technique aujourd’hui, et nous avons décidé de ne pas donner suite au projet de pilote Linux pour le moment.) La raison invoquée : le projet linuxwacom/wacom-hid-descriptors est perçu comme « primarily a Wacom-led project » (un projet principalement mené par Wacom), et partager leurs spécifications avec Wacom est inacceptable.

Le vrai problème : le nommage des projets open source

L’intervenant souligne que le nom des dépôts (linuxwacom, libwacom) crée une confusion marketing. Pourtant, ces projets contiennent des fichiers pour de nombreuses marques : Asus, Acer, Dell, Framework, Gaomon, etc. Il cite : « The real problem, Wacom branding in open source infrastructure. Why do we name everything related to tablets Wacom? It’s a historical legacy on Linux. » (Le vrai problème, c’est la marque Wacom dans l’infrastructure open source. Pourquoi nommer tout ce qui touche aux tablettes « Wacom » ? C’est un héritage historique sur Linux.) Ce nommage dissuade les concurrents de contribuer, car ils ne veulent pas être associés à Wacom.

Les spécifications ne sont pas secrètes

L’intervenant démystifie l’argument du secret industriel : « One thing about the specifications, this is something that David skipped over in the write-up. He ignored this as a problem because whilst this is true and Wacom would see the specifications of their devices, so can literally anyone on Linux. » (Un point sur les spécifications, David l’a passé sous silence. Il a ignoré ce problème car, même si c’est vrai que Wacom verrait les spécifications de leurs appareils, n’importe qui sur Linux peut aussi les voir.) Il suffit d’utiliser un outil comme hid-recorder pour extraire les descripteurs HID. La crainte des marques est donc infondée techniquement.

Le point de vue de Peter Hutterer : « write the code, get the say »

Peter Hutterer, développeur clé du pilote Xorg et de libwacom, explique que le nommage est un héritage : « The only two branded projects in the tablet stack are XF86 Input Wacom, the Xorg driver that Wacom wrote in 2002, and has been maintaining ever since. » (Les deux seuls projets nommés d’après une marque dans la pile tablette sont XF86 Input Wacom, le pilote Xorg que Wacom a écrit en 2002 et qu’elle maintient depuis.) Il ajoute : « In both cases, it’s legacy naming because Wacom wrote/helped write the code. It was Wacom specific at first, before being made more generic and co-maintained it for years. » (Dans les deux cas, c’est un nom hérité parce que Wacom a écrit ou aidé à écrire le code. C’était spécifique à Wacom au début, avant d’être rendu plus générique et co-maintenu pendant des années.) Sa conclusion : « write the code, get the say » (celui qui écrit le code a le droit de nommer).

La proposition de renommage des projets

L’intervenant estime que renommer les projets serait simple et bénéfique : « I don’t think renaming it would be a major endeavor for the benefits that you would get from doing a rename. Just call it universal. Just call it generic. » (Je ne pense pas que le renommer serait un effort majeur par rapport aux bénéfices que vous en tireriez. Appelez-le simplement « universel » ou « générique ».) Il précise que cela ne prendrait que quelques minutes pour les dépôts et les pipelines de build des distributions.

Les avancées récentes : GNOME et KDE ont déjà renommé leurs panneaux

L’intervenant note que les environnements de bureau ont déjà commencé à débrander : « Gnome renamed the Wacom panel to graphics tablets in Gnome 48 about a year ago and KDE renamed it in Plasma 6 about two years ago. So on a modern desktop, there is no visible branding anywhere. » (GNOME a renommé le panneau Wacom en « tablettes graphiques » dans GNOME 48 il y a environ un an, et KDE l’a renommé dans Plasma 6 il y a environ deux ans. Donc sur un bureau moderne, il n’y a plus de marque visible nulle part.) Cela montre que le problème est en train d’être résolu côté utilisateur, mais pas encore côté développeur.

La solution actuelle : le travail bénévole et les rapports de bugs

En attendant une collaboration des marques, la seule méthode est le travail manuel : « Get devices, test them one by one, try them out, see if they work, if they don’t work, report them, if they do work, hey, they work. » (Obtenez des appareils, testez-les un par un, essayez-les, voyez s’ils fonctionnent, s’ils ne fonctionnent pas, signalez-le, s’ils fonctionnent, tant mieux.) L’intervenant encourage les utilisateurs à extraire les spécifications de leurs tablettes avec des outils comme hid-recorder et à les soumettre aux développeurs. David Revoy prépare d’ailleurs un tutoriel détaillé sur ce processus.

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