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Cette vidéo propose une classification rigoureuse des distributions Linux en distinguant les « racines » (distributions véritablement indépendantes, créées ex nihilo) des « branches » (dérivées), et dévoile des projets méconnus mais historiquement ou techniquement essentiels.

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SYNTHÈSE STRUCTURÉE

La distinction fondamentale : racines vs branches

L’intervenant établit une hiérarchie claire : « Il y a des distributions qui ne dérivent en aucune façon, absolument aucune façon, d’une autre distribution. » Il critique les dérivés superficiels (changement de thème, ajout d’un logo) qui ne constituent pas de véritables projets. Pour lui, « être indépendant est une condition nécessaire, pas suffisante ». La substance repose sur l’organisation, la communauté, la pérennité.

Les géants historiques (premier cercle)

Slackware (1993), Debian, Red Hat/Fedora, SUSE/openSUSE, Gentoo et Arch Linux sont présentés comme les racines majeures. Leur point commun : des projets structurés, avec des entreprises ou des communautés solides derrière. L’intervenant ne s’y attarde pas, les jugeant déjà connus.

Le deuxième cercle : indépendants purs mais moins connus

Void (XBPS, runit), NixOS (modèle déclaratif), GNU Guix (Scheme, 100% libre), Chimera Linux (musl, userland FreeBSD), Alpine (musl, busybox), Solus (EOPKG) et Puppy Linux sont cités comme des distributions nées de zéro, avec leurs propres dépôts et outils. L’intervenant précise qu’il en a déjà parlé et ne répète pas.

CRUX : le grand-père caché d’Arch Linux

CRUX, créé par le Suédois Per Lidén au début des années 2000, est une distribution minimaliste 64 bits avec un système de ports BSD. L’intervenant révèle : « Judd Vinet, le créateur d’Arch, a utilisé CRUX et a aimé sa propreté, mais il voulait un gestionnaire de paquets binaires, et ainsi Pacman est né. » CRUX est toujours actif, fidèle à sa philosophie.

La saga Sorcerer/Lunar/Source Mage : une leçon de licence GPL

Au début des années 2000, Kyle Sallee crée Sorcerer GNU/Linux, une distribution source avec une esthétique magique (paquets = « spells », gestionnaire = « sorcery », catalogue = « grimoire »). Après un conflit interne, un fork donne Lunar Linux (2002). Kyle, furieux, retire Sorcerer du réseau. Mais le code étant GPL, les développeurs récupèrent les sources depuis des sauvegardes et créent Source Mage. Kyle réapparaît ensuite avec une version sous licence anti-fork. L’intervenant conclut : « La GPL les a littéralement sauvés d’une mort décidée par un seul homme. »

Exherbo : la distribution laboratoire

Créée vers 2008 par Brian Ostergaard, Exherbo utilise le gestionnaire Paludis (client cave). L’intervenant prévient : « Exherbo n’est pas une distribution que vous essayez. C’est une distribution que vous étudiez. » Pas d’installateur, pas de confort, une courbe d’apprentissage verticale. C’est un « gymnase extrême » pour développeurs Linux sérieux.

GoboLinux : renverser la hiérarchie du système de fichiers

Créée par Hisham Muhammad (également créateur de htop), GoboLinux réorganise entièrement l’arborescence Unix. Chaque programme vit dans son propre répertoire avec sa version, lisible par un humain. La compatibilité est assurée par des liens symboliques cachés. L’intervenant qualifie cela d’« expérience presque académique sur la façon dont un système devrait être construit si nous avions le courage de recommencer ».

KaOS : la distribution d’une seule personne

Créée en 2013 par Anke Boersma (Pays-Bas), ancienne dresseuse de chevaux, KaOS est construite entièrement à partir de zéro avec une méthodologie Linux From Scratch. Elle utilise Pacman mais avec ses propres dépôts. Sa philosophie : un seul environnement de bureau (KDE Plasma), un seul toolkit (Qt), une seule architecture (64 bits). L’intervenant souligne : « La preuve que la focalisation peut battre l’énorme. »

Tiny Core Linux : la légèreté absolue

Créée en 2008 par Robert Shingledecker (ancien développeur de Damn Small Linux), la version de base tient dans quelques mégaoctets. Le système entier tourne en RAM, les applications sont des extensions montées à la volée. L’intervenant parle d’« ingénierie soustractive ».

Puppy Linux : un cas limite fascinant

Créée par Barry Kauler (Australie, 2003), Puppy a une âme indépendante (fonctionnement en couches, en RAM, adapté au matériel ancien). Mais son système de construction Woof peut assembler une Puppy à partir de paquets binaires d’autres distributions (Slackware, Ubuntu). L’intervenant précise : « L’infrastructure et l’âme sont indépendantes, mais la chair est parfois empruntée. »

Dragora et Adélie : l’éthique avant tout

Dragora GNU/Linux Libre (créée par l’Argentin Matias Fonzo) est 100% libre, avec le noyau Linux Libre et son propre gestionnaire de paquets chi. Adélie Linux (basée sur musl) vise une stricte conformité POSIX et la longévité sur architectures anciennes (32 bits, PowerPC). L’intervenant les décrit comme « des distributions qui existent par principe, pas pour la popularité ».

OpenWRT : la distribution la plus répandue que vous ignorez

Née en 2004 du firmware libéré du routeur Linksys WRT54G (sous GPL), OpenWRT utilise opkg et la configuration UCI. L’intervenant affirme : « C’est probablement la distribution indépendante la plus répandue de toute cette liste, et c’est celle à laquelle personne ne pense jamais à appeler une distribution. » Il rappelle que c’est la GPL qui a transformé un produit fermé en bien commun.

T2 SDE : l’infrastructure embarquée

Créée par René Rebe, T2 SDE est un environnement de construction qui compile des systèmes complets à partir des sources pour de nombreuses architectures (SPARC, MIPS). L’intervenant le qualifie d’« infrastructure pure, profondément respectée dans le monde embarqué ».

Les minuscules : Copacabana et autres

Copacabana Linux (basée sur musl, userland Heirloom) est citée comme exemple de distribution indépendante, niche, mais réelle. L’intervenant conclut : « Indépendant ne signifie pas célèbre, et célèbre ne signifie pas substantiel. »

Serpent OS : l’avenir en construction

Créée par Ikey Doherty (créateur de Solus et Budgie), Serpent OS (renommée en 2025) est construite de zéro avec son gestionnaire moss écrit en Rust. Modèle atomique et sans état, mises à jour transactionnelles, rollbacks instantanés, déduplication intégrée. L’intervenant prévient : « C’est encore en alpha, un petit projet avec toutes les fragilités des petits projets. » Mais il ajoute : « Construire à partir de zéro en 2025 est encore possible. »

Les dérivés qui comptent vraiment

L’intervenant nuance son discours : « Être original est une chose, mais intercepter les vrais besoins des utilisateurs, avoir une vision, offrir quelque chose qui n’avait jamais été offert auparavant est une chose très différente. » Il cite Ubuntu, Mint, MX Linux, Artix, Devuan, PC Linux OS comme des dérivés qui sont « de petits chefs-d’œuvre » et méritent le respect, parfois plus que certains indépendants.

CONCEPTS CLÉS

  • Distribution indépendante (racine) : distribution qui ne dérive d’aucune autre, avec ses propres dépôts, outils et philosophie.
  • Distribution dérivée (branche) : distribution basée sur une autre, souvent avec des

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