Saint Bernard de Clairvaux coach de vie 🙏 et une bonne fête à tous

Saint Bernard de Clairvaux propose quatre degrés d'amour, de l'amour de soi à l'amour gratuit, pour dépasser l'ego et trouver l'amour véritable.

Voir la source

Français

De Léna situation, en passant par tous les coachs de développement personnel, on te répète partout qu’il faut t’aimer toi-même. Mais saint Bernard te répondrait : c’est très bien, mais tu n’en es qu’au premier degré. Aujourd’hui, en fait, saint Bernard de Clairvaux, ce moine du XIIe siècle, aurait fait un excellent coach en développement personnel, à la seule différence peut-être qu’il ne vendait pas sa formation 1 000 balles.

Bernard de Clairvaux, c’est un noble bourguignon qui quitte sa vie de privilégié pour rentrer dans les ordres, et à seulement 25 ans, il fonde l’abbaye de Clairvaux. Tu faisais quoi, à 25 ans ? Moi, je fondais une abbaye. Ça calme un peu. Et disons-le simplement, le programme de saint Bernard est plutôt radical, hein : silence, travail manuel, prière, vie commune, discipline. On est loin de l’ambiance Ibiza-Dubaï, hein. Mais le cœur de sa méthode, ce n’est pas de devenir plus performant, d’enfin réussir sa vie, de s’accomplir totalement. Non, non, pas du tout. Le seul programme, c’est d’apprendre à aimer.

Dans son traité De l’amour de Dieu, Bernard de Clairvaux distingue quatre degrés. Donc le premier degré, celui dont je vous parlais en début de vidéo : tu t’aimes pour toi-même. C’est naturel, mais tout tourne autour de toi. T’as pas vraiment dépassé le stade de « je prends soin de moi ». Donc on arrive au deuxième degré : cette fois-ci, tu aimes Dieu pour toi-même. Tu pries pour être rassuré, pour être consolé, tu demandes quelque chose. Enfin, le troisième degré, c’est : tu aimes Dieu pour Dieu. Tu n’attends plus de récompense, tu n’aimes plus sous condition, tu aimes sans calcul. Certains appelleraient ça aujourd’hui la gratitude. Et saint Bernard de Clairvaux, lui, disait : « L’amour se suffit à lui-même. » Et enfin, le quatrième degré, sûrement le plus vertigineux : tu t’aimes toi-même pour Dieu. Tu ne demandes plus rien, tu n’es plus un ego à défendre, tu n’es plus une image à vendre. Tu comprends que ta vie est un don, et qu’elle est encore plus grande quand elle se donne elle-même.

Des siècles plus tard, dans La Pesanteur et la Grâce, Simone Weil parlera d’un processus de décréation, ce processus par lequel on arrête de se penser comme étant le centre du monde, et qu’en fait, on fait le même mouvement que Dieu lorsqu’il s’est incarné en Jésus-Christ. On arrête d’être la totalité, d’être tout, et à ce moment-là, on est l’image de Dieu. En nous abaissant, on laisse ce petit espace pour l’amour et pour Dieu. Voilà le vrai développement personnel pour saint Bernard : moins de moi, plus de Dieu ; moins d’ego, plus d’amour. Moi, je trouve que quand même, neuf siècles plus tard, son programme, il tient vachement bien la route. Et en plus, il a un gros avantage : c’est qu’il est quand même gratuit.

Et je voudrais finir sur ces mots de saint Bernard de Clairvaux : « La mesure d’aimer Dieu, c’est de l’aimer sans mesure. » Alors, écris-moi dans les commentaires, à ton avis, à quel degré t’en es : un, deux, trois, quatre. Essaie d’être honnête. Et surtout, abonne-toi.