Il a PRIS LE MAQUIS ! Avec Alain Soral
Alain Soral, en exil et sous le coup de mandats d'arrêt français et suisse, dresse un portrait sans concession de sa vie de dissident traqué, analyse l'évolution vers une surveillance mondiale et un rétrécissement des espaces de liberté, tout en livrant une réflexion sur la ré...

SYNTHÈSE STRUCTURÉE
Un exil contraint et une vie de précarité
Alain Soral décrit un quotidien marqué par la solitude, les problèmes administratifs et une fragilité matérielle extrême. Il explique avoir quitté la Suisse avec “deux valises” et vivre désormais avec un “équipement minimum”, dépendant de la générosité de quelques centaines de donateurs via son site personnel et une cagnotte américaine. Il confie avoir frôlé la mort avec une pancréatite de niveau 4, qu’il attribue à la somatisation de la colère et du sentiment d’injustice : “C’est typiquement la somatisation de la colère et du sentiment d’injustice.”
Un système judiciaire perçu comme une arme d’élimination politique
Soral affirme cumuler 9 ans de prison en France, avec des condamnations systématiques qu’il estime motivées par son influence et non par ses actes. Il cite son avocat : “Alain, à partir de maintenant, tu es trop connu, tu seras systématiquement condamné.” Il détaille le mécanisme des plaintes répétées, notamment de l’Organisation juive européenne, et dénonce une justice “au service des puissants” où “la vérité et la preuve n’ont strictement aucune importance” dans les délits d’opinion.
La Russie, un refuge décevant
Contrairement à l’image d’un “agent russe” que ses détracteurs lui collent, Soral dresse un portrait très critique de la Russie : un peuple “dans la survie”, une oligarchie qui “contrôle toute l’économie russe” et attend son heure, et une jeunesse qui craint la conscription. Il résume : “Le rêve de tous les Russes, c’est de vivre ailleurs parce que la Russie est un pays très dur.” Il précise n’avoir “jamais dit autant de critiques sur la Russie” que depuis qu’il y vit.
La technologie, une ambivalence indépassable
Soral analyse la surveillance de masse comme une évolution inéluctable : “On vit une dictature policière mondiale. On vit une tour de Babel inversée qui descend du cloud sur les hommes.” Il souligne le paradoxe d’Internet, qui a donné une voix aux dissidents tout en permettant leur traçabilité totale. Il ironise sur les faux espoirs : “Les mecs qui pensent que s’ils mettent un VPN sur leur téléphone c’est bon, ils vont échapper… c’est des conneries.”
La fin des grands récits et le rétrécissement des ambitions
Soral constate l’impossibilité d’un “salut national” et comprend les stratégies de repli communautaire de la jeune génération, incarnée par des figures comme Ryden. Il analyse : “Aujourd’hui, tu as un projet pour toi ou pour ton groupe, tu vois, ou ta communauté.” Il assume son propre ancrage dans une époque révolue : “Je peux pas changer de dimension. Je reste sur ces grandes catégories et je fais du témoignage et de l’esthétique.”
La tentation du suicide et la lutte pour la survie mentale
L’interview révèle une détresse psychologique profonde : “Je lutte pratiquement contre le suicide… à des moments j’ai envie d’en finir.” Il décrit des nuits d’angoisse, la peur des descentes de police, et un rituel quotidien pour “échapper à l’alcoolisme et à la drogue”. Il explique que son travail intellectuel est son seul rempart : “Pendant que je fais cette émission, je suis combatif. Je ne me pose pas la question de ma solitude.”
Le Christ comme figure de résistance ultime
Soral développe une dimension spirituelle, voyant dans le Christ le “logos” réconciliant la raison grecque et la charité chrétienne. Il affirme : “Une vie réussie, c’est une vie où tu suis le Christ jusqu’au bout. Ça t’amène pas au festival de Cannes.” Il compare son combat à un “combat sacrificiel” où l’on “prend les coups pour que les gens voient qui te les donne et pourquoi tu les prends.”
La question juive et la légitime défense
Soral pose une question provocatrice à son futur invité : le judaïsme, revenu à ses “bases tribales”, serait-il incompatible avec les valeurs universalistes imposées à l’Occident ? Il conclut : “Aujourd’hui l’antisémitisme, c’est de la légitime défense. C’est une phrase de Gripari, elle est pas de moi, mais c’est un truc qui te vient au visage de manière aveuglante après le 7 octobre.”
Les règlements de comptes dans la dissidence
Soral règle ses comptes avec plusieurs figures de la mouvance : Xavier Poussard, qu’il accuse d’être “parti avec la caisse” et de l’avoir “trahi au plus mauvais moment”, et Vincent Lapierre, qu’il qualifie de “petit con”. Il évoque aussi Kemi Seba, arrêté en Afrique du Sud, en affirmant que “personne n’en veut du panafricanisme, c’est un rêve des Black Panthers américains.”
Un appel au pardon et une autocritique partielle
En conclusion, Soral demande “pardon pour certaines de mes brutalités”, reconnaissant une “dimension paranoïaque” qu’il juge “consubstantielle à l’intelligence systémique”. Il se décrit comme “un immature éternel” : “Je suis passé de l’enfance à la sagesse sans passer par l’âge adulte.”
CONCEPTS CLÉS
- Mandat d’arrêt européen : Instrument juridique permettant l’arrestation et l’extradition d’une personne recherchée dans l’espace Schengen, limitant drastiquement les déplacements de Soral.
- Provocation à la haine : Délit d’opinion français que Soral dénonce comme une “escroquerie juridique” utilisée pour éliminer ses adversaires politiques.
- Arbitrage juridictionnel : Stratégie consistant à s’expatrier pour échapper à un système judiciaire hostile, que Soral voit disparaître avec l’harmonisation mondiale des lois.
- Dessin intelligent : Théorie alternative au darwinisme que Soral défend, affirmant que la temporalité de l’évolution rend le hasard impossible.
- Logos : Concept philosophique grec que Soral associe au Christ comme réconciliation de la raison et de la charité.
CONCLUSION
Cette interview constitue un témoignage rare sur la réalité concrète d’une vie de dissident traqué, loin des postures médiatiques. Soral y dévoile une fragilité humaine inattendue, oscillant entre arrogance intellectuelle et détresse psychologique. Son analyse, bien que marquée par des positions idéologiques contestables et des règlements de comptes personnels, met en lumière des questions fondamentales sur la liberté d’expression, la surveillance de masse et la résilience individuelle face à un système qu’il perçoit comme totalitaire. Le message principal est que la résistance, même sans espoir de victoire, a une valeur en soi : “Je suis sans espoir, ce qui ne veut pas dire désespéré. Il faut mener le combat de témoignage et d’explication jusqu’au bout.”